Entre les étés caniculaires, les arrêtés de restriction d’eau et des factures qui grimpent, installer un récupérateur d’eau de pluie n’est plus un gadget, mais une vraie stratégie pour stabiliser le budget et garder un jardin en forme. Une maison avec 80 m² de toiture peut stocker plusieurs dizaines de mètres cubes par an, de quoi arroser un potager, nettoyer une terrasse et même alimenter les WC si le réseau est bien séparé. L’eau qui tombe du toit n’est pas potable, mais elle est parfaitement adaptée aux besoins des plantes et à tous les usages extérieurs du quotidien.
Dans de nombreuses communes, les habitants découvrent que l’arrosage est interdit pile au moment où le potager explose. Ceux qui ont installé un système de récupération s’en sortent mieux : la réserve remplie avant la restriction reste utilisable pour les usages autorisés. La mise en place reste accessible, que ce soit avec une simple cuve aérienne de 300 L ou une installation enterrée avec pompe et réseau dédié. L’idée n’est pas de tout révolutionner, mais de s’équiper malin : bonne taille de cuve, filtration propre, raccords étanches et entretien rapide. Comme sur un chantier bien préparé, le résultat est fiable sur la durée.
En bref
- Geste malin : récupérer l’eau de pluie permet de faire baisser la facture d’eau tout en sécurisant l’arrosage en période de sécheresse.
- Économies concrètes : jusqu’à 400 € par an selon la surface de toiture, la région et les usages (jardin, nettoyage, WC).
- Choix de système : cuve aérienne, enterrée ou citerne souple, à adapter à la taille du terrain et au budget.
- Dimensionnement clé : croiser besoins d’arrosage et potentiel de la toiture pour éviter la cuve vide en été ou qui déborde en automne.
- Installation simple : un bon collecteur de gouttière, une filtration avant la cuve, un trop-plein bien géré et une assise stable.
- Entretien léger : nettoyage saisonnier des filtres, contrôle des joints, gestion du gel et prévention des moustiques.
- Jardin durable : eau douce sans calcaire, meilleure santé des plantes, moins de gaspillage grâce au paillage et au goutte-à-goutte.
Installer un récupérateur d’eau de pluie : avantages concrets pour le jardin et les économies
Installer un récupérateur d’eau de pluie pour le jardin, c’est un peu comme se constituer une réserve cachée pour les jours de disette. Quand les températures flambent et que les restrictions tombent, les systèmes déjà en place permettent de garder le potager en production sans dépendre entièrement du réseau public. Les autorités peuvent limiter l’usage de l’eau potable, pas celle qui a été stockée légalement en amont pour l’arrosage et le nettoyage extérieur.
En France, la consommation moyenne tourne autour de 150 litres par personne et par jour, alors que le jardin n’a aucune exigence d’eau potable. L’arrosage, le lavage de la voiture, le nettoyage de la terrasse ou des outils représentent une part non négligeable de cette consommation. Remplacer ces usages par l’eau de pluie, c’est faire travailler le ciel à la place du compteur.
Des bénéfices économiques mesurables dès les premières saisons
Sur un pavillon classique, les économies ne se limitent pas à quelques euros. Avec un toit de 80 à 100 m² dans une région à pluviométrie moyenne, il est réaliste de récupérer plusieurs dizaines de mètres cubes par an. Suivant l’usage et le prix du mètre cube dans la commune, cela représente jusqu’à 400 € d’économies annuelles. L’investissement dans une cuve, même simple, s’amortit alors en quelques saisons.
Ces gains proviennent principalement de trois postes :
- Arrosage du potager et des massifs : 5 à 6 L/m² par arrosage, le total grimpe très vite en été.
- Nettoyage extérieur : terrasses, façades, outils, mobilier de jardin, véhicules.
- Chasses d’eau (si installation adaptée) : un usage quotidien qui consomme énormément d’eau potable inutilement.
Une famille avec un potager de 80 m², quelques massifs et un véhicule à laver ponctuellement voit vite la différence sur la facture. L’eau de pluie devient une sorte de “monnaie locale” pour tout ce qui ne nécessite pas un traitement potable.
Un atout pour la santé des plantes et la qualité du jardin
Le second bénéfice, moins visible mais tout aussi important, c’est la qualité de l’eau de pluie pour le jardin. Elle est naturellement douce, sans chlore, avec très peu de minéraux, ce qui convient parfaitement à la majorité des végétaux. Les systèmes racinaires tolèrent mieux cette eau que certaines eaux très calcaires qui laissent des traces dans les arrosoirs et sur les feuilles.
Les jardiniers qui passent de l’eau du robinet à l’eau de pluie constatent souvent :
- des feuillages plus vigoureux et moins de marquages blanchâtres,
- moins de dépôts dans les pulvérisateurs et circuits d’arrosage,
- un stress hydrique réduit lors des fortes chaleurs, à condition d’arroser au bon moment.
Arroser avec une eau plus adaptée et en quantité suffisante aide à maintenir un sol vivant et un potager productif, même lorsque le thermomètre flirte avec les records.
Résilience en période de sécheresse et confort d’utilisation
Lors des étés marqués par de longues périodes sans pluie, les arrêtés préfectoraux interdisent souvent l’arrosage des pelouses et limitent fortement l’usage du réseau. Un récupérateur d’eau de pluie bien dimensionné agit comme un tampon. La réserve accumulée au printemps permet de passer plusieurs semaines d’autonomie en plein été.
Cela change aussi le confort de vie au quotidien :
- possibilité d’arroser tôt le matin ou tard le soir, sans culpabiliser sur la facture,
- nettoyage régulier de la terrasse ou des outils après les chantiers ou les travaux de jardinage,
- sérénité quand les voisins découvrent les restrictions tardivement.
Un arrosoir rempli à la cuve plutôt qu’au robinet, c’est un geste simple qui, répété tout l’été, pèse lourd dans la balance.
| Point clé | Impact concret | Repère chiffré |
|---|---|---|
| Économie d’eau potable | Facture d’eau allégée, ressource préservée | Jusqu’à 400 € économisés/an selon usage |
| Qualité pour les plantes | Pas de chlore ni de calcaire pour le jardin | Arrosage plus “doux” et végétaux plus vigoureux |
| Résilience en été | Arrosage maintenu malgré les restrictions | Plusieurs m³ stockés = semaines d’autonomie |
| Entretien simplifié | Filtres propres, cuve saine, système durable | Contrôle saisonnier de 15 à 30 minutes |
Une fois les avantages bien intégrés, la question suivante se pose naturellement : quelle capacité viser et comment ne pas se tromper dans le choix de la cuve.

Dimensionner un récupérateur d’eau de pluie : bien calibrer la cuve pour son jardin
Un récupérateur mal dimensionné, c’est comme un radiateur sous-dimensionné dans une pièce nord : il fonctionnera, mais ne couvrira pas les besoins au moment critique. La bonne approche consiste à croiser les besoins du jardin avec le potentiel de la toiture, puis à tenir compte de la saisonnalité. L’objectif n’est pas de capter chaque goutte, mais d’avoir suffisamment d’eau quand le potager en réclame le plus.
Pour prendre une maison type avec 80 m² de toiture et un jardin de taille moyenne, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un arrosage classique nécessite 5 à 6 L/m². Un potager de 80 m² consomme donc 400 à 500 L à chaque passage. En période sèche, deux arrosages par semaine représentent environ 1 000 L, soit un mètre cube. Sur un mois très chaud, on dépasse facilement les 4 m³.
Calculer ses besoins réels en eau d’arrosage
Le premier réflexe consiste à estimer les besoins estivaux. Sans chiffre précis, difficile de choisir entre une cuve de 300 L et un modèle de 3 000 L. Un simple calcul permet d’y voir plus clair :
- Surface du potager (en m²) × 5 à 6 L/m² = volume par arrosage.
- Multiplier par le nombre d’arrosages par semaine en période sèche.
- Multiplier encore par 4 pour avoir une estimation sur un mois.
Par exemple, un jardin de 60 m² arrosé deux fois par semaine demandera environ 600 à 700 L hebdomadaires, soit près de 3 m³ par mois de sécheresse. À cela s’ajoutent les massifs, les pots, et d’éventuels usages annexes comme le nettoyage des terrasses.
Estimer le potentiel de la toiture
Le deuxième volet, c’est la capacité du toit à alimenter la cuve. La formule de base est simple : 1 mm de pluie sur 1 m² de toiture donne environ 1 litre. On multiplie ensuite par la pluviométrie annuelle de la région et par un coefficient de rendement (souvent 0,75) pour tenir compte des pertes (première pluie, débordement, évaporation).
- Surface du toit (m²) × pluie annuelle (mm) × 0,75 ≈ volume utile (L/an).
- Convertir en m³ en divisant par 1 000.
Avec un toit de 80 m² et 700 mm de pluie annuelle, on obtient : 80 × 700 × 0,75 ≈ 42 000 L, soit environ 42 m³ utiles par an. Sur le papier, cela semble énorme, mais les pluies sont souvent concentrées entre l’automne et le printemps, ce qui impose de raisonner en stockage et non en flux annuel théorique.
Choisir une capacité cohérente avec le terrain
Une fois ces deux volets posés, il reste à faire le lien avec la réalité du terrain : place disponible, budget, type de sol. Pour un balcon ou une très petite cour, un petit récupérateur slim de 200 à 300 L peut suffire à alimenter quelques bacs de culture. Pour une maison avec jardin, le curseur monte vite.
- Petit jardin en ville : 300 à 500 L pour l’arrosage ponctuel.
- Maison avec potager : 1 000 à 2 000 L pour couvrir plusieurs semaines sèches.
- Usage jardin + WC : 3 000 à 5 000 L minimum, souvent en cuve enterrée.
Le trop-plein doit également être anticipé. Une cuve qui déborde au pied des fondations n’est jamais une bonne idée. Un raccordement vers un puits d’infiltration, un fossé ou une zone d’herbe capable d’absorber le surplus évite les désordres.
| Scénario | Toiture (m²) | Pluie annuelle (mm) | Potentiel utile (m³/an) | Capacité conseillée |
|---|---|---|---|---|
| Balcon / petite cour | 10–20 | 600–800 | 4–12 | 200–300 L (cuve slim) |
| Maison avec petit jardin | 60–100 | 600–800 | 27–60 | 500–1 000 L (aérienne) ou 2 000 L (souple) |
| Pavillon avec potager | 100–150 | 600–900 | 45–100 | 3 000–5 000 L (enterrée) |
| Grand jardin / usage WC | 150–200 | 600–900 | 68–120 | 5 000–10 000 L (enterrée + pompe) |
Ce calibrage ouvre ensuite sur une autre question pratique : quel type de récupérateur choisir pour atteindre cette capacité sans transformer le terrain en chantier interminable.
Choisir son récupérateur d’eau de pluie : cuve aérienne, enterrée ou citerne souple
Le choix du type de récupérateur d’eau de pluie à installer dépend surtout de trois paramètres : la place disponible, le budget et l’ambition d’usage. Il existe trois grandes familles de solutions : les cuves aériennes, les cuves enterrées et les citernes souples. Chacune a ses forces et ses limites, un peu comme choisir entre une petite perceuse portative, un perforateur ou une carotteuse pour un travail de perçage.
La cuve aérienne représente l’entrée de gamme futée. Elle se pose contre un mur, sous une gouttière, avec un kit de récupération. La cuve enterrée change d’échelle et peut alimenter automatiquement le jardin, voire les WC et un lave-linge si le réseau est bien conçu. Entre les deux, les citernes souples offrent une grande contenance sans travaux trop lourds, notamment sous terrasse ou dans un vide sanitaire.
Cuve aérienne : simplicité et budget contenu
La cuve aérienne de récupération d’eau reste la solution la plus répandue chez les particuliers. Elle se présente sous forme de fût, de colonne design ou de cuve rectangulaire, le plus souvent en polyéthylène. L’installation se fait en une demi-journée pour un bricoleur organisé.
- Atouts : prix abordable, pose rapide, entretien accessible, possibilité d’en ajouter plusieurs en série.
- Limites : exposition au gel, stabilité à surveiller sur sol meuble, capacité modérée.
- Usages typiques : arrosage manuel à l’arrosoir, nettoyage de la terrasse, remplissage d’un seau.
Une cuve de 300 à 500 L, légèrement surélevée sur parpaings ou support métallique, permet d’utiliser la gravité pour remplir facilement les arrosoirs. Pour un arrosage au tuyau, l’ajout d’une petite pompe de surface ou immergée est souvent nécessaire.
Cuve enterrée : grande capacité et intégration discrète
La cuve enterrée s’adresse aux projets plus ambitieux. En étant logée dans le sol, elle est protégée des UV, des variations de température et du risque de gel. Son volume va généralement de 3 000 à plus de 10 000 L, ce qui permet d’alimenter un réseau d’arrosage enterré, voire de prendre en charge une partie des usages domestiques non potables.
- Atouts : très grande capacité, discrétion totale, température stable, plus faible risque d’algues.
- Limites : terrassement nécessaire, coût plus élevé, raccordements à soigner.
- Usages typiques : arrosage automatique, alimentation des WC, lavage de véhicule.
Ce type de solution s’envisage surtout lors de travaux extérieurs déjà prévus (terrasse, allée, piscine), pour mutualiser le terrassement. Une pompe immergée reliée à un réseau séparé assure la distribution.
Citerne souple : grande capacité sans gros travaux
La citerne souple se déploie comme une “poche” de grande contenance. Elle se positionne dans un vide sanitaire, un sous-sol ou sous une terrasse sur un lit stable et plan. Sa flexibilité en fait une solution intéressante pour les terrains déjà aménagés où l’on souhaite éviter de gros terrassements.
- Atouts : grande capacité pour un coût modéré, installation plus rapide qu’une cuve béton, peu d’impact visuel.
- Limites : besoin impératif d’un support plan, protection mécanique contre les objets pointus, esthétique à gérer si visible.
- Usages typiques : arrosage régulier, alimentation ponctuelle des WC.
La citerne souple se raccorde au réseau de gouttière via un collecteur et peut être couplée à une pompe pour un usage plus confortable. La qualité du support et la protection périphérique sont essentielles pour éviter l’usure prématurée.
| Type | Atouts | Limites | Usages conseillés | Budget indicatif |
|---|---|---|---|---|
| Cuve aérienne | Économique, facile à poser, modulable | Sensible au gel, capacité limitée | Arrosage manuel, nettoyage extérieur | 100–500 € (200–1 000 L) |
| Cuve enterrée | Grosse capacité, discrète, durable | Terrassement, coût plus élevé | Arrosage auto, WC (réseau séparé) | 2 000–7 000 € (3–5 m³ posée) |
| Citerne souple | Pose rapide, grande contenance | Protection mécanique, esthétique | Arrosage régulier, espaces contraints | 500–2 000 € (1–10 m³) |
Une fois le type de cuve choisi, la prochaine étape consiste à raccorder correctement la gouttière et à installer une filtration efficace pour garder l’eau propre et le système durable.
Raccorder la gouttière et poser la filtration : étapes clés pour une installation durable
Un récupérateur d’eau de pluie ne vaut que par la qualité de ses raccords. Une descente de gouttière mal coupée, un collecteur mal ajusté ou une absence de filtre transforment rapidement la cuve en bassin plein de feuilles et de boues. À l’inverse, une installation propre dès le départ réduit fortement le temps d’entretien et prolonge la durée de vie de la pompe et des accessoires.
Pour un système simple avec cuve aérienne, l’installation suit une logique claire : préparer l’assise, installer le collecteur sur la gouttière, raccorder la cuve, organiser le trop-plein puis vérifier le tout à la première pluie. La démarche est la même pour des volumes plus importants, avec des raccordements parfois enterrés.
Préparer une assise stable et de niveau
Le poids de l’eau est souvent sous-estimé. Un récupérateur de 500 L plein représente plus d’une demi-tonne sur une petite surface. Sur sol meuble ou mal préparé, la cuve peut se déformer, se pencher, voire basculer. La première étape consiste donc à créer une assise stable :
- Niveler le sol et enlever les racines ou cailloux pointus.
- Prévoir une dalle béton, des dalles stabilisatrices ou un lit de gravier compacté.
- Vérifier au niveau à bulle que la surface est vraiment plane.
Une cuve de niveau remplira correctement et les éventuels efforts sur les raccords seront limités. Cette base solide évite les mauvaises surprises à la première grosse pluie.
Poser le collecteur de gouttière et la filtration
Le cœur du système, c’est le collecteur de gouttière. Il se fixe directement sur la descente existante et détourne une partie du flux vers la cuve. La plupart des kits modernes intègrent un système de trop-plein automatique : quand la cuve est pleine, l’eau repart naturellement dans la descente, ce qui permet de laisser le système en permanence.
- Couper proprement la descente de gouttière à la hauteur recommandée par le fabricant.
- Insérer le collecteur, en veillant à bien respecter le sens de circulation de l’eau.
- Raccorder le collecteur à la cuve avec un tuyau étanche, quitte à utiliser du téflon sur les filetages.
En amont de l’entrée dans la cuve, il est conseillé d’ajouter un filtre de première pluie ou au moins une grille pour retenir les feuilles, mousses et débris. Un filtre panier facilement accessible encouragera un nettoyage rapide et régulier.
Gérer le trop-plein et protéger les fondations
Une cuve qui déborde en pied de mur finit par poser des problèmes d’humidité. Le trop-plein n’est donc pas un détail, mais une partie intégrante de l’installation. Il doit être dimensionné pour évacuer les gros orages sans pression excessive sur les parois de la cuve.
- Installer un raccord de trop-plein sur la partie haute de la cuve.
- Raccorder ce trop-plein à un drain, un puits d’infiltration ou une zone végétalisée capable d’absorber l’eau.
- Éviter toute évacuation directement au pied des fondations.
Sur les installations enterrées, ce trop-plein est souvent raccordé au réseau d’eaux pluviales, dans le respect des règles locales.
| Étape | Geste précis | Temps indicatif | Point de contrôle |
|---|---|---|---|
| Préparer l’assise | Niveler, compacter, poser dalle ou gravier | 30–60 min | Surface parfaitement de niveau |
| Poser le collecteur | Couper la descente, insérer le kit | 30–45 min | Aucun jour visible, étanchéité correcte |
| Installer la filtration | Grille, panier, filtre première pluie | 20–30 min | Eau claire à l’entrée de la cuve |
| Raccorder le trop-plein | Conduite vers drain ou zone d’infiltration | 20–40 min | Eau rejetée loin des fondations |
| Monter robinet/pompe | Raccords avec téflon, test de débit | 15–30 min | Absence de fuite visible |
En France, l’eau de pluie stockée est réservée aux usages non potables : arrosage, nettoyage, WC sous conditions, mais jamais cuisine ou bain. En cas de raccordement aux WC, la réglementation impose une séparation stricte des réseaux, une signalisation claire et des dispositifs anti-retour. Ces points étant posés, il reste à faire vivre le système au quotidien avec un entretien simple.
Entretenir son récupérateur et arroser intelligemment : faire durer l’installation et le jardin
Un récupérateur d’eau de pluie n’est pas une installation que l’on oublie pendant dix ans. Pour conserver une eau de bonne qualité, éviter les odeurs, éloigner les moustiques et garantir un bon débit, il suffit toutefois de quelques gestes saisonniers. L’idée est de rester dans la prévention plutôt que la réparation, à l’image d’une toiture qu’on inspecte régulièrement plutôt que d’attendre l’infiltration.
Un système bien entretenu dure longtemps, protège la pompe et garde l’eau claire pour les plantes. L’entretien va de pair avec une gestion intelligente de l’arrosage : l’objectif n’est pas d’arroser plus, mais d’arroser mieux, en économisant chaque litre.
Garder l’eau propre et limiter les nuisibles
Le premier ennemi reste la matière organique qui s’accumule dans la cuve : feuilles, poussières, graines. Sans filtration ni nettoyage, l’eau tourne, les algues apparaissent et la pompe souffre. Pour éviter ce scénario, quelques réflexes simples suffisent :
- Nettoyer les filtres (grilles, paniers, filtre de première pluie) à chaque changement de saison.
- Vérifier que la cuve est bien fermée et que les éventuelles aérations sont protégées par une moustiquaire fine.
- Purger les éventuelles boues au fond de la cuve une fois par an via le robinet bas.
En cas de formation d’un voile vert sur les parois, c’est souvent le signe d’une exposition excessive à la lumière. Une cuve opaque ou un habillage (bardage, plante grimpante) limite ce phénomène.
Optimiser l’arrosage pour économiser l’eau stockée
La manière d’arroser compte autant que la quantité d’eau disponible. Arroser en plein soleil, en pluie fine sur le feuillage, c’est un peu comme remplir un seau percé : l’évaporation et la mauvaise pénétration dans le sol font perdre une partie de l’effort. À l’inverse, un arrosage ciblé au bon moment fait la différence.
- Privilégier un arrosage tôt le matin ou tard le soir pour limiter l’évaporation.
- Arroser au pied des plantes, en évitant de mouiller inutilement le feuillage.
- Installer un paillage (broyat, copeaux, paille, tontes sèches) pour conserver l’humidité.
Le goutte-à-goutte, alimenté par une pompe reliée à la cuve, est particulièrement efficace. Il délivre l’eau directement aux racines, en douceur, et réduit les pertes. Un pluviomètre simple fixé dans le jardin et une application météo fiable permettent d’éviter d’arroser juste avant une averse.
Planifier un entretien saisonnier rapide
Comme pour un chauffage ou une toiture, un plan d’entretien saisonnier permet de garder le contrôle sans y passer des heures. Chaque saison a ses opérations types :
- Au printemps : nettoyage des filtres, vérification de la pompe, contrôle des joints et de la stabilité de la cuve.
- En été : surveillance du niveau, contrôle des moustiquaires, ajustement des horaires d’arrosage.
- À l’automne : purge des boues, rinçage de la cuve, contrôle du trop-plein avant les pluies plus abondantes.
- En hiver : mise en sécurité contre le gel, by-pass du collecteur si nécessaire, vidange partielle de certains circuits.
Ces gestes demandent peu de temps mais prolongent nettement la durée de vie du matériel. Une fuite détectée tôt, un filtre nettoyé avant saturation, ce sont autant de soucis évités.
| Action | Fréquence | But | Astuce pratique |
|---|---|---|---|
| Nettoyer filtres et collecteur | À chaque saison | Préserver débit et qualité de l’eau | Brosse + jet d’eau, 5 minutes avant un épisode pluvieux |
| Contrôler joints et raccords | Trimestriel | Prévenir les fuites lentes | Passer la main sur les raccords pour détecter l’humidité |
| Purger les boues | Annuel | Limiter algues et odeurs | Ouvrir le robinet bas dans un seau avant un épisode pluvieux |
| Gérer le gel | Hiver | Protéger cuve et pompe | By-passer le collecteur et vidanger les parties exposées |
| Optimiser l’arrosage | Été | Réduire la consommation | Associer paillage et goutte-à-goutte sur les zones sensibles |
Avec ces habitudes, le récupérateur devient un allié discret du jardin, fiable sur plusieurs années, capable d’amortir les aléas climatiques et de lisser les factures.
Quelle capacité de récupérateur choisir pour un jardin de 80 m² ?
Pour un jardin de 80 m², l’arrosage consomme en moyenne 400 à 500 L par session (5–6 L/m²). En période sèche, deux arrosages par semaine représentent environ 1 000 L. Pour disposer de plusieurs semaines d’autonomie, une cuve de 1 000 à 2 000 L est une bonne base, plus si l’eau de pluie alimente aussi les WC ou d’autres usages réguliers.
Faut-il obligatoirement une pompe pour utiliser un récupérateur d’eau de pluie ?
Une pompe n’est pas obligatoire. Pour un usage à l’arrosoir, une cuve surélevée suffit et la gravité fait le travail. En revanche, pour alimenter un tuyau d’arrosage, un pistolet, un goutte-à-goutte ou un réseau vers les WC, une pompe (immergée ou de surface) est fortement recommandée afin de garantir un débit et une pression confortables.
Peut-on utiliser l’eau de pluie à l’intérieur de la maison ?
Oui, mais uniquement pour des usages non potables comme les chasses d’eau ou éventuellement le lave-linge, et en respectant une réglementation stricte : réseaux totalement séparés de l’eau potable, dispositifs anti-retour, signalisation claire des points d’eau non potable. L’eau de pluie ne doit jamais être utilisée pour boire, cuisiner ou se laver.
Comment éviter la prolifération de moustiques dans la cuve ?
Pour éviter les moustiques, la cuve doit être fermée, avec des couvercles bien ajustés. Les éventuelles aérations sont à protéger par des moustiquaires fines. Il est aussi important de vérifier le collecteur de gouttière et le trop-plein, qui doivent être équipés de grilles. Un nettoyage régulier des filtres et la suppression des eaux stagnantes autour de la cuve limitent fortement la prolifération.
Que faire de son récupérateur d’eau de pluie en hiver ?
En hiver, il est recommandé de protéger l’installation contre le gel. Sur les cuves aériennes, on peut by-passer le collecteur pour éviter le remplissage continu, vidanger partiellement la cuve et les tuyaux exposés, et isoler la pompe si elle reste en place. Les cuves enterrées sont moins sensibles, mais les équipements hors sol doivent aussi être sécurisés.


