Comment réparer un pont thermique sur un linteau de fenêtre béton ?

Le linteau de fenêtre en béton fait partie de ces zones discrètes qui concentrent pourtant une grande part des pertes de chaleur d’un logement. Quand cette pièce structurelle traverse l’enveloppe du mur sans rupture isolante, elle devient un point froid. Les premiers signes paraissent anodins : vitres embuées au réveil, sensation d’air froid près de la baie, peinture qui noircit dans un angle, odeur de renfermé malgré un chauffage correct. En réalité, il s’agit souvent d’un désordre thermique localisé qui peut dégrader le confort, la qualité de l’air intérieur et, à terme, les finitions du mur.

Réparer un pont thermique sur un linteau de fenêtre béton ne consiste pas seulement à masquer une zone froide. Il faut comprendre l’origine du défaut, confirmer le diagnostic, choisir une méthode de correction adaptée au bâti et traiter en parallèle l’humidité déjà présente. Entre simple amélioration locale, doublage intérieur ciblé, reprise des joints de menuiserie ou isolation thermique par l’extérieur, les solutions diffèrent selon l’âge de la maison, la composition du mur et la qualité de pose de la fenêtre. Le vrai enjeu est d’obtenir une continuité d’isolation sans créer de désordre caché.

En bref

  • Le linteau béton est un point froid fréquent au-dessus des fenêtres.
  • Condensation et moisissures apparaissent quand l’air humide touche cette surface plus froide.
  • Le diagnostic passe par l’observation, un thermomètre de surface ou une caméra thermique.
  • Les réparations légères corrigent certains défauts de joint, mais ne suffisent pas toujours.
  • Le doublage intérieur ciblé reste une solution accessible en rénovation.
  • L’isolation thermique par l’extérieur est la méthode la plus efficace pour traiter durablement la rupture.
  • Les moisissures doivent être traitées avant les travaux, jamais recouvertes.
  • La ventilation et le taux d’humidité conditionnent la réussite dans le temps.

Pont thermique sur linteau de fenêtre béton : comprendre pourquoi cette zone devient froide

Un pont thermique apparaît lorsqu’une partie de l’enveloppe du bâtiment oppose moins de résistance au froid que les zones voisines. Sur une fenêtre, le linteau béton concentre souvent ce problème. Pourquoi ? Parce que le béton est dense, conducteur, et qu’il traverse parfois toute l’épaisseur du mur sans continuité isolante. Résultat : en hiver, cette pièce structurelle évacue une partie des calories vers l’extérieur, tandis que sa face intérieure se refroidit sensiblement.

Dans de nombreuses maisons construites avant 1990, la priorité était la solidité et non la suppression des ruptures thermiques. Les linteaux préfabriqués ou coulés sur place étaient donc intégrés sans rupteur spécifique. Même dans des logements plus récents, un défaut de conception ou une pose de menuiserie mal coordonnée peut maintenir une faiblesse au-dessus de l’ouverture. C’est d’ailleurs ce qui explique qu’un logement globalement correct sur le plan énergétique puisse malgré tout présenter une zone glaciale précisément au droit d’une fenêtre.

Le phénomène devient visible lorsque l’air intérieur, chaud et chargé en vapeur d’eau, entre en contact avec cette surface froide. Dès que la température superficielle passe sous le point de rosée, l’humidité se dépose. Ce mécanisme est le même que celui observé sur un verre sorti du réfrigérateur. Sauf qu’ici, l’effet se reproduit nuit après nuit pendant toute la saison de chauffe. Voilà pourquoi beaucoup de ménages remarquent d’abord des gouttelettes sur la vitre, puis une auréole sombre dans l’angle entre le mur et le dormant.

Le linteau n’est pas toujours seul en cause. Il peut former un ensemble problématique avec les tableaux latéraux, l’appui de fenêtre, le coffre de volet roulant ou un calfeutrement insuffisant autour du dormant. Dans une rénovation ancienne, on voit parfois un doublage intérieur qui s’arrête juste avant l’ouverture, laissant la maçonnerie nue autour de la baie. À ce moment-là, la rupture d’isolation se lit presque à l’œil nu : mur tempéré au centre, angle froid autour de la fenêtre, condensation localisée au même endroit chaque matin.

Un exemple concret permet de mieux saisir le mécanisme. Dans une maison des années 1970, un couple a remplacé ses anciennes fenêtres simple vitrage par des menuiseries performantes. Le confort acoustique s’est amélioré, mais des taches noires sont apparues au-dessus des ouvertures. Le paradoxe est fréquent : la nouvelle fenêtre réduit les fuites d’air, donc l’humidité intérieure s’évacue moins par infiltration, tandis que le linteau béton, lui, reste froid. Le défaut existant devient alors plus visible. C’est aussi pour cela qu’un changement de fenêtre doit être pensé avec le traitement de l’embrasure.

Il faut également distinguer sensation de paroi froide et courant d’air réel. Une zone froide au-dessus d’une baie peut donner l’impression qu’il “entre de l’air”, alors qu’il s’agit surtout d’un déséquilibre radiatif : le corps rayonne vers la paroi plus froide et perçoit un inconfort. Cette nuance compte, car colmater des joints ne suffira pas si le problème principal vient du béton non isolé.

Autre point souvent négligé : l’exposition. Une façade nord ou ouest accentue la persistance du refroidissement, surtout quand le mur reçoit peu d’ensoleillement hivernal. L’humidité ambiante, produite par la cuisine, les douches, le séchage du linge ou une ventilation défaillante, agit ensuite comme révélateur. Si le logement dépasse régulièrement 60 % d’humidité relative, même un défaut modéré peut suffire à provoquer la condensation.

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Pour mieux situer le problème dans l’ensemble du bâti, il peut être utile de comprendre les principes d’une isolation thermique de la maison. Le linteau n’est pas un détail séparé du reste : il fait partie des liaisons sensibles qui déterminent le confort réel au quotidien. La logique reste toujours la même : dès qu’une continuité d’isolant est rompue, la chaleur emprunte le chemin le plus facile.

Avant de réparer, il faut donc retenir une idée simple mais décisive : le linteau béton n’est pas seulement un élément de structure, c’est aussi une interface thermique critique. Tant que cette réalité n’est pas prise en compte, les symptômes reviennent, même après plusieurs retouches cosmétiques.

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Comment repérer précisément un pont thermique sur un linteau de fenêtre en béton

Réparer sans diagnostiquer, c’est souvent déplacer le problème au lieu de le résoudre. Sur un linteau, la difficulté vient du fait que plusieurs causes peuvent produire les mêmes signes visibles : pont thermique, infiltration d’air, humidité excessive, fuite ponctuelle ou défaut d’étanchéité extérieure. Il faut donc procéder avec méthode et comparer les indices.

Le premier niveau d’analyse reste l’observation en période froide. Une surface qui condense avant les autres, qui sèche plus lentement ou qui présente une tache sombre persistante mérite une vérification. Si la marque se situe toujours au-dessus de la fenêtre ou dans un angle précis de l’embrasure, le soupçon devient sérieux. On peut aussi passer la main, lentement, à quelques centimètres du mur : une sensation de froid localisé, surtout en haut de baie, oriente déjà le diagnostic.

Le thermomètre de surface ou l’hygromètre avec sonde de contact constitue une deuxième étape utile. Pour un budget raisonnable, on peut comparer la température du mur courant avec celle du linteau intérieur. Un écart marqué révèle une faiblesse. Ce n’est pas l’outil le plus fin, mais il aide à objectiver ce que l’on ressent. Si le mur principal est à 18 °C et le haut de fenêtre à 12 ou 13 °C, la zone devient clairement critique pour la condensation selon l’humidité ambiante.

La méthode la plus convaincante reste la thermographie infrarouge. Une caméra thermique montre, par contraste de couleurs, les zones de déperdition ou de refroidissement. En 2026, ce type de diagnostic est de plus en plus utilisé lors des audits ciblés en rénovation. Selon la surface étudiée et le niveau d’expertise, le coût se situe généralement entre 150 € et 400 €. Pour un propriétaire qui hésite entre une correction locale et des travaux plus lourds, cette dépense évite souvent des erreurs coûteuses.

Un diagnostic sérieux ne s’arrête pas à l’image thermique. Il faut observer la liaison entre le dormant et le mur, l’état des joints, la présence d’un coffre de volet roulant, la composition du doublage intérieur et la continuité de l’isolant sur la façade. Dans les bâtiments plus récents, la source du problème n’est pas toujours le linteau seul : une mousse périphérique insuffisante, un joint comprimé mal posé ou un mauvais positionnement de la menuiserie dans l’épaisseur du mur peuvent amplifier le refroidissement.

Le contexte de la pièce compte aussi. Une chambre peu chauffée, mais très occupée la nuit, concentre souvent l’humidité respiratoire. Une cuisine ouverte envoie davantage de vapeur d’eau vers les vitrages. Une salle d’eau attenante mal ventilée aggrave la situation. Voilà pourquoi il est utile de vérifier le taux d’humidité dans la maison avant de conclure que tout vient du bâti. Un défaut local et un air trop humide forment un tandem redoutable.

Voici les signes qui orientent fortement vers un pont thermique sur linteau :

  • Condensation récurrente au-dessus ou autour de la fenêtre pendant l’hiver
  • Tache noire dans l’angle mur-dormant ou sous le linteau
  • Peinture qui cloque ou papier peint qui se décolle localement
  • Sensation de froid malgré un chauffage normal dans la pièce
  • Écart de température notable entre le mur courant et la zone de baie

Le cas de Claire, propriétaire d’un appartement de 1984, illustre bien cette phase de repérage. Elle pensait avoir un défaut de vitrage parce que ses fenêtres se couvraient d’eau chaque matin. En mesurant l’humidité de l’air, elle a constaté 64 %. Puis un contrôle au thermomètre infrarouge a montré que le haut de baie était beaucoup plus froid que le reste du mur. Le remplacement du joint intérieur seul n’aurait pas suffi : le problème se logeait dans la liaison linteau-menuiserie.

Pour les personnes confrontées à des vitres humides de façon répétée, la lecture de causes plus larges des fenêtres embuées peut aider à distinguer un simple excès d’humidité d’un défaut constructif ciblé. Cette étape évite de traiter uniquement les symptômes.

Le point décisif est le suivant : un bon diagnostic doit localiser la zone froide, identifier son origine constructive et mesurer l’impact de l’humidité intérieure. Sans cette triple lecture, la réparation risque d’être incomplète.

Quand le doute persiste entre défaut local et problème plus général d’enveloppe, une vidéo de thermographie peut aider à visualiser ce qu’un pont thermique produit réellement sur un mur habité.

Réparer un pont thermique sur un linteau béton : solutions légères, doublage intérieur et reprise de pose

Une fois l’origine confirmée, il faut choisir une méthode adaptée au niveau de gravité du défaut. Toutes les situations ne justifient pas des travaux lourds. En revanche, une retouche cosmétique sur un linteau franchement froid ne règle rien. La bonne approche consiste à hiérarchiser les interventions, de la plus simple à la plus structurante, en gardant un objectif clair : réduire la température de surface critique et rétablir la continuité isolante.

Les remédiations légères ont leur place lorsque le pont thermique est modéré ou aggravé par un défaut périphérique. L’injection de mousse isolante entre le dormant et la maçonnerie peut améliorer le calfeutrement si un vide existe. La pose d’un profilé isolant sur l’appui intérieur limite parfois l’effet de paroi froide. Sur les tableaux, certains artisans utilisent un enduit isolant à la chaux ou un mortier thermo-isolant pour adoucir la rupture. Ces gestes sont utiles, mais il faut rester lucide : si le béton du linteau traverse la façade sans traitement, leur portée reste partielle.

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La solution la plus fréquente en rénovation courante est le doublage intérieur ciblé. On isole la zone froide au-dessus de la fenêtre, parfois en englobant aussi les retours latéraux, avec un complexe mince qui reste compatible avec l’ouverture. Plusieurs systèmes existent : laine de bois + plaque de plâtre, panneau rigide en polyuréthane, mousse résolique, ou autre isolant haute performance selon la place disponible. Le point crucial n’est pas seulement l’épaisseur, mais la continuité avec l’isolant existant du mur.

Un doublage mal raccordé crée une nouvelle rupture quelques centimètres plus loin. C’est pourquoi le traitement doit être pensé comme un ensemble. L’artisan doit reprendre les angles, assurer l’étanchéité à l’air, gérer la rencontre avec la menuiserie et éviter de réduire excessivement le clair de vitrage ou la manœuvre des ouvrants. Dans une chambre d’enfant ou un bureau, quelques centimètres bien posés changent souvent radicalement le confort ressenti près de la fenêtre.

Dans les cas plus sévères, la cause tient à la position de la fenêtre dans l’épaisseur du mur. Si le dormant est posé en bout de maçonnerie, très côté intérieur ou sans raccord correct avec l’isolant, la surface froide exposée à l’air intérieur augmente. Repositionner la menuiserie en tableau, dans une zone mieux enveloppée par l’isolation, réduit fortement le risque. Ce type d’intervention est plus coûteux, mais devient pertinent quand la fenêtre a plus de vingt ans ou lorsque plusieurs défauts se cumulent. C’est parfois le bon moment pour installer une porte-fenêtre isolante ou moderniser l’ensemble des menuiseries de la façade concernée.

Le tableau suivant permet de comparer les principales options :

Solution Niveau de travaux Effet attendu Limites
Injection de mousse dans les joints Faible Améliore l’étanchéité à l’air locale Insuffisant si le linteau béton reste très conducteur
Enduit ou mortier thermo-isolant sur tableaux Faible à moyen Atténue la sensation de paroi froide Performance limitée sur pont thermique structurel
Doublage intérieur ciblé sur linteau Moyen Hausse nette de la température de surface Réduit légèrement l’espace et demande une pose soignée
Reprise de pose de la menuiserie Élevé Corrige la liaison fenêtre-mur en profondeur Coût supérieur, intervention plus lourde
Isolation thermique par l’extérieur Élevé Supprime durablement la rupture en enveloppant la façade Chantier global, budget plus important

Beaucoup de propriétaires demandent s’ils peuvent réparer eux-mêmes. Pour un simple complément de joint ou une vérification de calfeutrement, c’est envisageable. En revanche, dès qu’il y a moisissures anciennes, plâtre dégradé, embrasure irrégulière ou besoin de refaire le doublage, l’intervention d’un professionnel devient préférable. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter un matériau isolant, mais de construire un ensemble cohérent entre thermique, étanchéité à l’air et finition.

Il faut aussi se méfier des “fausses bonnes idées”, comme coller un matériau décoratif mince sans vérifier la migration de vapeur d’eau. Une correction mal conçue peut déplacer le point froid derrière le parement et piéger l’humidité. Dans ce cas, la surface paraît belle pendant quelques mois, puis le support se dégrade en silence.

Une autre question revient souvent : faut-il privilégier l’intérieur ou l’extérieur ? À ce stade, la réponse dépend du projet global. Pour un traitement ponctuel, l’intérieur reste plus accessible. Mais quand plusieurs baies et plusieurs liaisons de façade sont touchées, il devient logique de regarder du côté d’une isolation thermique par l’extérieur, seule capable d’envelopper continûment le linteau, les tableaux et les zones voisines.

La règle à retenir est simple : plus la cause est structurelle, plus la réparation doit recréer une continuité d’isolation réelle, pas seulement masquer le symptôme.

Pour mieux visualiser les techniques de correction autour des ouvertures, il est utile d’observer un chantier type consacré au traitement des ponts thermiques de fenêtres en rénovation.

Isolation extérieure, ventilation et stratégie durable pour supprimer la rupture thermique

Lorsqu’un pont thermique sur linteau se répète sur plusieurs fenêtres, la réparation locale montre vite ses limites. On corrige une baie, puis une autre, sans jamais traiter la logique générale du mur. C’est là que l’isolation thermique par l’extérieur, souvent appelée ITE, prend tout son sens. Son principe est simple : envelopper le bâtiment d’un manteau isolant continu, de sorte que les éléments structurels comme les linteaux, chaînages et abouts de dalle restent du côté tempéré.

Sur le plan physique, c’est la solution la plus cohérente. Le béton n’est plus directement exposé aux variations climatiques extérieures, sa température intérieure remonte, et le risque de condensation diminue fortement. Contrairement à une isolation intérieure qui compose avec les ruptures existantes, l’ITE les neutralise en grande partie. Pour une façade présentant plusieurs zones froides autour des baies, l’efficacité est sans comparaison.

Cette stratégie est particulièrement pertinente quand la maison a déjà besoin d’un ravalement, quand les fenêtres vont être remplacées, ou quand la consommation de chauffage reste élevée malgré des améliorations ponctuelles. Une façade rénovée avec traitement soigné des tableaux et appuis permet de repositionner visuellement et thermiquement les ouvertures dans une enveloppe homogène. Dans les projets bien conçus, le confort progresse autant que la facture énergétique recule.

On comprend alors pourquoi de nombreux professionnels considèrent l’ITE comme la référence pour les ponts thermiques structurels. Pour approfondir ce sujet, un dossier sur l’isolation extérieure et le confort éclaire bien le lien entre enveloppe continue, parois plus chaudes et sensation intérieure plus stable. Ce n’est pas qu’une affaire de chiffres : vivre près d’une fenêtre sans ressentir de mur froid change réellement l’usage d’une pièce.

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Cela dit, même la meilleure correction thermique peut être mise en échec par une humidité intérieure mal maîtrisée. Un logement mal ventilé concentre la vapeur d’eau issue des activités courantes. Douches, cuisson, respiration nocturne, linge qui sèche, plantes nombreuses : le cumul fait grimper rapidement l’hygrométrie. Si l’air intérieur reste trop humide, la condensation peut persister sur les points les plus frais, même après amélioration. Voilà pourquoi la remise en état d’une VMC, ou au minimum une aération croisée régulière, fait partie intégrante du traitement.

Beaucoup de cas considérés comme “mystérieux” se résolvent en croisant deux leviers : correction de la paroi et assainissement de l’air. Prenons l’exemple d’un pavillon où le linteau avait été doublé correctement, mais où les traces sombres revenaient encore. L’enquête a montré une bouche d’extraction défaillante dans la salle de bains et un séchage du linge dans une chambre peu chauffée. Une fois la ventilation remise à niveau, les symptômes ont cessé. Le bâti n’était plus seul en cause ; l’ambiance intérieure entretenait le problème.

Sur le plan stratégique, il faut donc raisonner par ordre de pertinence :

  1. Confirmer la zone froide et l’origine constructive du pont thermique
  2. Traiter les défauts localisés si le problème reste ponctuel
  3. Corriger la ventilation et contrôler l’humidité ambiante
  4. Passer à une approche globale si plusieurs ouvertures ou liaisons sont concernées

Cette vision d’ensemble vaut aussi pour des logements où d’autres interfaces sont faibles, par exemple un sous-sol froid qui influence le confort du rez-de-chaussée. Dans ces situations, la performance des parois forme une chaîne, et un maillon négligé limite le résultat global. On retrouve la même logique dans les approches de l’isolation thermique et acoustique du sous-sol : la cohérence d’ensemble l’emporte sur les rustines isolées.

Le message essentiel de cette étape est clair : réparer un linteau froid durablement suppose de l’inscrire dans une stratégie d’enveloppe et de ventilation. Sans cela, on gagne quelques mois de répit, mais pas une correction stable.

Traiter les moisissures avant les travaux et éviter leur retour autour de la fenêtre

Quand des taches noires sont déjà visibles autour de la fenêtre, la tentation est grande d’isoler immédiatement pour “en finir”. C’est une erreur classique. Les moisissures ne doivent jamais être enfermées derrière un nouveau parement. Le support doit être nettoyé, assaini et, si nécessaire, déposé partiellement avant toute correction thermique. Sinon, les spores restent actives, les odeurs persistent et la dégradation reprend dans un milieu caché.

Le premier geste consiste à évaluer l’étendue réelle du problème. Une légère auréole superficielle n’a pas la même gravité qu’un plâtre devenu friable ou spongieux. Les champignons domestiques les plus fréquents autour des fenêtres, comme certains du genre Cladosporium ou Aspergillus, prospèrent dans les zones fraîches, peu ventilées et régulièrement humides. L’angle supérieur d’une baie cumule précisément ces conditions lorsque le linteau reste froid.

Pour un traitement local modéré, on peut commencer par un brossage à sec avec une brosse rigide, en protégeant la zone et en ventilant la pièce. Ensuite, on applique un produit adapté au support : solution au bicarbonate pour une atteinte légère, produit antifongique plus puissant pour des cas marqués. Il faut respecter le temps d’action, rincer si nécessaire, puis laisser sécher complètement. Un séchage réel demande souvent au moins 48 heures avec ventilation efficace et chauffage mesuré.

Si l’enduit se désagrège, si le parement sonne creux ou si le plâtre s’effrite, un simple nettoyage ne suffit plus. Il faut déposer les matériaux altérés jusqu’au support sain. C’est une étape que beaucoup repoussent parce qu’elle semble plus lourde, mais elle évite d’emprisonner une humidité ancienne. Une fois le support stabilisé, l’isolation peut être reprise proprement, avec un système cohérent et une finition respirante selon le contexte.

Le retour des moisissures dépend ensuite de trois conditions : la température de surface, l’humidité de l’air et le renouvellement de l’air. Si une seule de ces variables reste défavorable, le problème peut réapparaître. C’est pourquoi les gestes d’usage comptent autant que les travaux. Chauffer régulièrement une pièce, éviter de bloquer les entrées d’air, ouvrir brièvement mais efficacement les fenêtres lorsque c’est utile, utiliser la hotte pendant la cuisson, faire fonctionner la VMC : toutes ces habitudes modifient le résultat.

Dans certaines habitations, le problème s’étend aussi au confort acoustique et à l’étanchéité globale des menuiseries. Une fenêtre mieux traitée thermiquement peut également offrir une meilleure qualité d’usage si l’ensemble des interfaces est revu. À ce titre, les réflexions sur l’isolation acoustique des fenêtres rappellent qu’une baie performante ne se limite jamais au vitrage ; la pose et les raccords jouent un rôle décisif.

Le cas d’un studio loué en zone urbaine illustre bien le mécanisme de récidive. Le propriétaire avait repeint les angles noircis tous les automnes. Au printemps, tout semblait propre. À l’hiver suivant, les marques revenaient. Après ouverture locale, on a découvert un ancien doublage humide derrière la peinture. Le traitement a finalement combiné dépose du plâtre dégradé, nettoyage fongicide, reprise d’isolation sur le linteau et contrôle de la ventilation. Sans cette séquence complète, la peinture seule n’aurait jamais tenu.

Il faut aussi rappeler qu’une moisissure n’est pas un simple défaut esthétique. Elle peut affecter la qualité de l’air intérieur, irriter les voies respiratoires et détériorer les matériaux. Dans un logement destiné à des enfants, à des personnes âgées ou à des occupants sensibles, la réactivité doit être encore plus forte. Attendre, c’est laisser la colonisation s’étendre parfois sur plusieurs dizaines de centimètres autour de la baie.

La phrase clé à retenir est nette : un pont thermique sur linteau se répare durablement seulement si l’on traite d’abord la contamination visible, puis les causes thermiques et hygrométriques qui l’alimentent.

Comment savoir si le linteau béton est vraiment responsable de la condensation ?

Il faut comparer la température de surface du haut de fenêtre avec celle du mur voisin, idéalement à l’aide d’un thermomètre infrarouge ou d’une caméra thermique. Si la zone du linteau est nettement plus froide et que la condensation s’y concentre, sa responsabilité est fortement probable.

Peut-on réparer un pont thermique sans changer la fenêtre ?

Oui, dans beaucoup de cas un doublage intérieur ciblé, une reprise des joints et un traitement des tableaux améliorent nettement la situation. En revanche, si la menuiserie est mal positionnée ou très ancienne, une reprise de pose ou un remplacement peut devenir plus pertinent.

L’isolation par l’intérieur suffit-elle sur un linteau de fenêtre béton ?

Elle peut suffire pour un défaut localisé et accessible, à condition d’être parfaitement raccordée au reste de l’isolation. Si plusieurs ouvertures sont touchées ou si la façade présente plusieurs ruptures, l’isolation extérieure reste généralement plus efficace.

Faut-il enlever les moisissures avant de poser un isolant ?

Oui, toujours. Les zones contaminées doivent être nettoyées, séchées et, si besoin, déposées jusqu’au support sain avant toute pose d’isolant ou de plaque de finition.

Quel niveau d’humidité intérieure favorise le retour du problème ?

Au-delà de 60 % d’humidité relative, le risque de condensation augmente nettement sur les surfaces froides. Une ventilation correcte et des habitudes adaptées sont donc indispensables en complément des travaux sur le linteau.

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