Diagnostic de performance Ă©nergĂ©tique, seuils de consommation, passoires thermiques, interdictions de louer⊠Le paysage immobilier a bien changĂ© ces derniĂšres annĂ©es, et beaucoup de propriĂ©taires se demandent dĂ©sormais si leur bien doit, ou non, afficher un DPE. Pourtant, tous les bĂątiments ne rentrent pas dans la mĂȘme case. Certains sont bel et bien exemptĂ©s de DPE, pour des raisons de logique pureâŻ: absence de chauffage, usage temporaire, activitĂ© agricole, patrimoine historique ou encore surface minime. Comprendre ces nuances, câest Ă©viter de payer un diagnostic inutile, mais aussi se mettre Ă lâabri de mauvaises surprises lors dâune vente ou dâune location.
Entre la petite dĂ©pendance au fond du jardin, la grange familiale restĂ©e dans son jus et la rĂ©sidence de vacances ouverte trois semaines par an, les situations sont nombreuses. Les textes de loi, eux, sont parfois arides, alors quâun propriĂ©taire, un artisan ou une agence ont surtout besoin dây voir clair, rapidement. Lâobjectif ici est simpleâŻ: passer en revue les principaux types de biens immobiliers exemptĂ©s de DPE et expliquer, avec des exemples trĂšs concrets, pourquoi la rĂ©glementation les Ă©carte du dispositif. En filigrane, une idĂ©e forte revientâŻ: le DPE doit rester un outil utile, centrĂ© sur les bĂątiments oĂč lâon vit et consomme vraiment de lâĂ©nergie, pas sur tous les murs en parpaing du pays.
En bref :
- Certains biens sont lĂ©galement non soumis au DPEâŻ: constructions provisoires, petits bĂątiments indĂ©pendants, bĂątiments agricoles, industriels ou artisanaux spĂ©cifiques, monuments historiques, lieux de culte, logements non chauffĂ©s.
- Lâexemption dĂ©pend surtout de lâusage rĂ©el, de la surface et de la prĂ©sence dâun systĂšme de chauffage ou de refroidissement, pas seulement de lâĂ©tiquette âgrangeâ ou âdĂ©pendanceâ.
- Un bien momentanĂ©ment non chauffĂ© nâest pas automatiquement dispensĂ©âŻ: couper la chaudiĂšre pour Ă©viter le DPE est une fausse bonne idĂ©e qui peut mener Ă des sanctions.
- La mention ânon soumis au DPEâ doit ĂȘtre assumĂ©e et justifiĂ©e dans les annonces et les actes, avec des documents Ă lâappui si besoin (permis, plans, preuves dâusage).
- Les rĂ©sidences saisonniĂšres et les cas âlimitesâ demandent une analyse fine pour ne pas confondre vĂ©ritable exonĂ©ration et DPE vierge dĂ©sormais interdit pour les ventes et locations de logements.
Comprendre lâexemption DPEâŻ: pourquoi tous les biens ne sont pas concernĂ©s
Pour bien saisir quels types de biens immobiliers sont exemptĂ©s du DPE, il faut dâabord rappeler Ă quoi sert ce diagnostic. Le DPE mesure la consommation dâĂ©nergie et les Ă©missions de gaz Ă effet de serre dâun logement ou dâun local. Il sâapplique, en principe, Ă tout bĂątiment ou partie de bĂątiment clos et couvert, Ă©quipĂ© dâun systĂšme de chauffage, de refroidissement ou de production dâeau chaude sanitaire, et destinĂ© Ă ĂȘtre occupĂ©.
La loi a pourtant prĂ©vu une sĂ©rie dâexceptions. LâidĂ©e est simpleâŻ: ne pas imposer un diagnostic coĂ»teux sur des biens oĂč la consommation dâĂ©nergie liĂ©e au confort humain est inexistante ou dĂ©risoire. Un DPE sur une grange vide ou sur une chapelle utilisĂ©e trois fois par an aurait autant de sens quâun contrĂŽle technique sur une voiture sans moteur. La rĂ©glementation cherche donc Ă cibler les bĂątiments oĂč les marges de progrĂšs Ă©nergĂ©tiques sont rĂ©elles, notamment les logements.
Un exemple concretâŻ: Marc hĂ©rite dans le Sud-Ouest dâun vieux chai familial sans aucun chauffage, utilisĂ© uniquement pour stocker du matĂ©riel. Lorsquâil envisage de le vendre, son notaire lui explique quâil est non soumis au DPE, car ce local nâest ni habitable, ni chauffĂ©, ni occupĂ© de maniĂšre rĂ©guliĂšre. Le diagnostic nâapporterait aucune information utile Ă lâacquĂ©reur puisque la consommation est, en pratique, nulle. Ă lâinverse, si Marc dĂ©cidait dâamĂ©nager une partie du chai en studio meublĂ© avec radiateurs et ballon dâeau chaude, lĂ , le DPE deviendrait obligatoire.
Cette nuance entre âbĂątiment existantâ et âbĂątiment habitĂ© ou habitableâ est centrale. La loi regardeâŻ:
- La destination du bienâŻ: habitation, activitĂ© professionnelle, stockage, culte, patrimoineâŠ
- La prĂ©sence (ou non) de systĂšmes Ă©nergĂ©tiques pour chauffer, refroidir ou produire de lâeau chaude domestique.
- Le temps dâoccupationâŻ: usage continu, saisonnier, ponctuel, infĂ©rieur Ă quelques mois par an.
- La structure du bĂątimentâŻ: clos et couvert, provisoire, dĂ©montable, indĂ©pendant ou rattachĂ© Ă une habitation.
Câest cette combinaison qui fait basculer un bien dans la catĂ©gorie âDPE obligatoireâ ou ânon soumisâ. Autre point importantâŻ: couper simplement le chauffage avant la vente ne suffit pas pour Ă©chapper au diagnostic. Un logement Ă©quipĂ© reste considĂ©rĂ© comme tel, mĂȘme si le propriĂ©taire nâallume plus la chaudiĂšre. Ce genre de contournement finit souvent mal, avec annulation de vente ou demande de compensation par lâacheteur.
Au fond, lâexemption DPE repose sur une forme de bon sensâŻ: concentrer les efforts lĂ oĂč les Ă©conomies dâĂ©nergie vont vraiment changer la donne, et allĂ©ger la charge administrative pour les bĂątiments Ă usage trĂšs particulier ou marginal. Comprendre cette logique permet ensuite de mieux lire la liste des biens officiellement dispensĂ©s.

Constructions provisoires et petits bĂątiments indĂ©pendantsâŻ: les exemptions liĂ©es Ă la taille et Ă la durĂ©e
Parmi les biens non soumis au DPE, les constructions temporaires et les petits bĂątiments indĂ©pendants reviennent souvent. Ils cumulent deux critĂšres clĂ©sâŻ: durĂ©e limitĂ©e dâutilisation ou surface rĂ©duite. Dans ces cas-lĂ , un diagnostic Ă©nergĂ©tique aurait un intĂ©rĂȘt trĂšs limitĂ©, voire nul.
Les constructions provisoires sont les plus faciles Ă identifier. Il sâagit de bĂątiments prĂ©vus pour une utilisation de moins de deux ansâŻ: bases de vie de chantier, locaux modulaires pour une opĂ©ration commerciale, pavillons tĂ©moins dĂ©montĂ©s aprĂšs la vente dâun lotissement, structures lĂ©gĂšres installĂ©es le temps dâun Ă©vĂ©nement. On retrouve souvent ce type de bĂątiment en entrĂ©e de zone commerciale ou Ă cĂŽtĂ© dâun grand chantier.
Dans ces situations, lâobjectif nâest pas de crĂ©er un lieu de vie durable, mais dâaccompagner une activitĂ© ponctuelle. Les installations de chauffage ou de climatisation sont souvent sommaires, parfois inexistantes, et la durĂ©e dâusage ne permet pas dâenvisager de vĂ©ritables travaux de rĂ©novation Ă©nergĂ©tique. Exiger un DPE serait, lĂ aussi, un peu comme demander une Ă©tude thermique complĂšte pour une tente de festival.
Viennent ensuite les petits bĂątiments indĂ©pendants de moins de 50 mÂČ, non destinĂ©s Ă lâhabitation. Cette catĂ©gorie intĂ©resse beaucoup de propriĂ©taires particuliers. Elle englobeâŻ:
- les abris de jardin maçonnĂ©s ou en boisâŻ;
- les cabanons de rangementâŻ;
- certains bungalows ou mobile-homes fixes utilisĂ©s comme locaux techniquesâŻ;
- les petits ateliers ou pool houses sans véritable fonction de logement.
Lâhistoire de Sarah illustre bien le sujet. Paysagiste, elle a installĂ© une cabane sur son terrain pour stocker le matĂ©riel et offrir un coin repos Ă ses salariĂ©s lâĂ©tĂ©. SurfaceâŻ: 35 mÂČ, aucun chauffage, juste une prise Ă©lectrique pour la bouilloire. Lorsquâelle envisage de vendre sa maison, lâagent immobilier lui confirme que cette annexe est non soumise au DPE. Le diagnostic portera uniquement sur lâhabitation principale, car la cabane reste un bĂątiment indĂ©pendant, de petite taille et sans vocation rĂ©sidentielle.
En revanche, si Sarah dĂ©cidait dâagrandir la cabane au-delĂ de 50 mÂČ, dây installer un poĂȘle Ă granulĂ©s et dây faire dormir rĂ©guliĂšrement des proches, le statut basculerait. On rentrerait alors dans lâunivers du logement annexe, avec obligation de DPE en cas de vente ou de location. Un petit bĂątiment bien isolĂ© et bien Ă©quipĂ© peut vite devenir un vrai lieu de vie.
Ce fonctionnement âau cas par casâ peut ĂȘtre rĂ©sumĂ© dans un tableau pratique.
| Type de bĂątiment | Surface approximative | Usage principal | Chauffage fixe | Soumis au DPE ? |
|---|---|---|---|---|
| Base de vie de chantier démontable | Variable | Chantier temporaire (< 2 ans) | Non ou trÚs sommaire | Non, construction provisoire |
| Abri de jardin indĂ©pendant | < 50 mÂČ | Stockage / bricolage | Non | Non, petit bĂątiment non rĂ©sidentiel |
| Pool house fermĂ© avec poĂȘle | 45 mÂČ | PiĂšce de vie occasionnelle | Oui | Ă vĂ©rifier, usage assimilable Ă de lâhabitation |
| Bungalow bureau en fond de jardin | 25 mÂČ | Bureau professionnel | Non | Non, si usage non rĂ©sidentiel |
La leçon Ă retenir est claireâŻ: un petit volume, sans usage dâhabitation et sans chauffage fixe, reste gĂ©nĂ©ralement en dehors du champ du DPE. DĂšs quâon sâen Ă©loigne, mieux vaut demander confirmation Ă un diagnostiqueur ou Ă un professionnel de lâimmobilier pour Ă©viter les mauvaises interprĂ©tations.
BĂątiments agricoles, artisanaux et industrielsâŻ: quand lâexploitation prime sur le confort
Autre grande famille de biens immobiliers exemptĂ©s de DPEâŻ: les bĂątiments Ă usage principalement agricole, artisanal ou industriel. Leur point communâŻ? Ils sont conçus dâabord pour abriter une activitĂ© Ă©conomique, pas pour offrir un confort thermique Ă des habitants au quotidien.
Dans les campagnes, les hangars, Ă©tables, granges de stockage ou ateliers dâĂ©levage sont des exemples typiques. Ils abritent du matĂ©riel, des rĂ©coltes, des animaux, parfois des machines imposantes. LâĂ©nergie qui y est consommĂ©e sert majoritairement Ă lâactivitĂ©âŻ: ventilation pour les bĂȘtes, alimentation des robots de traite, Ă©clairage fonctionnel, alimentation de gros outils. Le chauffage, quand il existe, est souvent minimal et localisĂ©.
La logique est la mĂȘme dans de nombreux locaux industriels ou artisanauxâŻ: ateliers de menuiserie, entrepĂŽts logistiques, dĂ©pĂŽts de matĂ©riaux, usines oĂč la chaleur vient surtout des machines. Dans ces lieux, le climat intĂ©rieur dĂ©pend davantage du process industriel que du chauffage installĂ© pour le confort humain. Calculer un DPE sur ce type de bĂątiment aurait peu de sens, car la consommation âconfortâ est noyĂ©e dans lâactivitĂ© professionnelle.
Imaginons un atelier de menuiserie tenu par un artisan, avec un simple radiateur dâappoint pour le coin bureau. Lâessentiel de lâĂ©lectricitĂ© part dans les machines Ă bois, lâaspiration des copeaux, lâĂ©clairage. Tant que cet espace ne sert pas de logement ou de bureau chauffĂ© de maniĂšre significative, il entre dans la catĂ©gorie des bĂątiments non soumis au DPE. Lâartisan concentrera ses efforts dâĂ©conomie dâĂ©nergie sur ses machines, pas sur lâisolation comme dans un pavillon.
La rĂšgle change dĂšs quâun bĂątiment agricole ou industriel accueille une vĂ©ritable fonction dâhabitation ou de bureau confortable. Par exempleâŻ:
- une grange transformĂ©e en gĂźte avec isolation, chauffage et eau chaudeâŻ;
- un entrepĂŽt avec une grande partie amĂ©nagĂ©e en open space chauffĂ© et climatisĂ©âŻ;
- un bĂątiment agricole avec un logement de gardien occupĂ© Ă lâannĂ©e.
Dans ces cas de figure, la partie du bĂątiment dĂ©diĂ©e Ă lâhabitation ou aux bureaux peut nĂ©cessiter un DPE spĂ©cifique. La surface rĂ©ellement concernĂ©e par le confort des occupants doit alors ĂȘtre clairement identifiĂ©e, parfois via des plans ou des diagnostics sĂ©parĂ©s.
Cette approche permet de garder une cohĂ©rence globaleâŻ: les investissements en rĂ©novation Ă©nergĂ©tique sont concentrĂ©s sur les lieux de vie ou de travail tertiaire, lĂ oĂč les Ă©conomies sont les plus utiles. Pendant ce temps, les grands volumes de stockage ou de production, peu chauffĂ©s, restent en dehors du dispositif, ce qui Ă©vite des diagnostics coĂ»teux et peu parlants pour les exploitants.
Pour un propriĂ©taire, le rĂ©flexe Ă adopter est simpleâŻ: dĂšs quâun bĂątiment professionnel commence Ă ĂȘtre utilisĂ© comme logement, mĂȘme partiellement, il faut se demander si un DPE ne devient pas nĂ©cessaire. Ă lâinverse, un hangar de stockage pur, sans piĂšce de vie, restera dans le camp des biens exemptĂ©s.
Monuments historiques, lieux de culte et patrimoine protĂ©gĂ©âŻ: une exception taillĂ©e sur mesure
Les monuments historiques et les lieux de culte occupent une place Ă part dans la liste des biens non soumis au DPE. Ici, lâenjeu dĂ©passe largement la simple facture dâĂ©nergieâŻ: il sâagit de prĂ©server un patrimoine architectural souvent fragile, fruit de plusieurs siĂšcles dâhistoire, difficilement compatible avec les standards actuels de performance Ă©nergĂ©tique.
Une Ă©glise gothique, un chĂąteau classĂ© ou une chapelle de village ne se rĂ©novent pas comme une maison des annĂ©es 1980. Les murs Ă©pais, les vitraux, les charpentes anciennes, les peintures et sculptures intĂ©rieures imposent des contraintes fortes. Ajouter une isolation par lâextĂ©rieur ou changer toutes les fenĂȘtres serait tout simplement impensable, et parfois illĂ©gal au regard des rĂšgles de protection du patrimoine.
Dans ce contexte, imposer un DPE standard reviendrait souvent Ă souligner⊠quâon ne peut pas faire grand-chose sans trahir lâĂąme du bĂątiment. PlutĂŽt que de pousser Ă des travaux absurdes ou disproportionnĂ©s, la rĂ©glementation choisit donc dâexempter ces Ă©difices du diagnostic, tout en laissant de la place Ă des solutions ciblĂ©esâŻ: amĂ©lioration des systĂšmes de chauffage existants, gestion plus fine de lâouverture au public, choix dâĂ©clairages plus efficaces.
On peut prendre lâexemple dâun chĂąteau inscrit Ă lâinventaire des monuments historiques, utilisĂ© pour des visites et, ponctuellement, des rĂ©ceptions. Les propriĂ©taires y allument quelques radiateurs lors des Ă©vĂ©nements, mais lâĂ©difice nâest pas un logement classique. Ce chĂąteau sera gĂ©nĂ©ralement non soumis au DPE, mĂȘme en cas de vente, dĂšs lors que son statut patrimonial est reconnu et que son usage principal reste culturel ou touristique.
La mĂȘme logique sâapplique aux lieux de culteâŻ: Ă©glises, mosquĂ©es, temples, synagogues. Le chauffage, lorsquâil existe, sert principalement Ă rendre supportables quelques heures de prĂ©sence pendant les offices. Le reste du temps, le bĂątiment reste froid. LĂ encore, un DPE nâapporterait pas une information exploitable, puisque lâoccupation est trĂšs intermittente et quâune rĂ©novation lourde serait rarement envisageable.
DerriĂšre cette exemption, il y a aussi la reconnaissance dâun travail souvent trĂšs artisanal autour de ces bĂątiments. Maçons spĂ©cialisĂ©s en pierres anciennes, charpentiers, tailleurs de pierre, ferronniers, tous interviennent avec des mĂ©thodes adaptĂ©es. Une approche purement âĂ©tiquette Ă©nergĂ©tiqueâ nâaurait pas de sens sans prise en compte de ce savoir-faire et de ces contraintes uniques.
Au final, lâexemption DPE pour le patrimoine protĂ©gĂ© et les lieux de culte rappelle que la rĂ©glementation Ă©nergĂ©tique nâest pas un rouleau compresseur uniforme. Elle sait laisser de la souplesse lĂ oĂč le respect de lâhistoire et de lâarchitecture passe avant lâoptimisation des kWh, tout en encourageant, quand câest possible, des amĂ©liorations mesurĂ©es et rĂ©versibles.
Résidences saisonniÚres, logements non chauffés et confusion avec le DPE vierge
Reste un groupe de biens qui fait souvent hĂ©siter les propriĂ©tairesâŻ: les rĂ©sidences secondaires peu occupĂ©es et les logements sans systĂšme de chauffage. Câest lĂ que lâon croise le plus de âcas limitesâ et dâidĂ©es reçues, notamment sur la diffĂ©rence entre ânon soumis au DPEâ et âDPE viergeâ.
Commençons par les rĂ©sidences saisonniĂšres. La rĂ©glementation admet quâun logement occupĂ© moins de quatre mois par an, en cumulĂ©, nâa pas le mĂȘme impact Ă©nergĂ©tique quâune rĂ©sidence principale. Une petite maison de vacances en Bretagne, ouverte uniquement en aoĂ»t et deux week-ends de printemps, ne consomme pas, sur lâannĂ©e, comme un appartement habitĂ© au quotidien. Dans ce type de situation, le bien peut ĂȘtre exemptĂ© de DPE, Ă condition que cet usage trĂšs limitĂ© soit rĂ©el et stable dans le temps.
Attention toutefois aux glissements progressifs. Si cette mĂȘme maison de vacances est finalement occupĂ©e six mois par an, ou transformĂ©e en location touristique quasi permanente, lâargument de lâusage saisonnier tombe. Le bien rentre alors dans le champ classique du DPE, comme nâimporte quel logement mis sur le marchĂ© de la vente ou de la location. Lâacheteur ou le locataire a lĂ©gitimement besoin de connaĂźtre la performance Ă©nergĂ©tique du lieu oĂč il va passer une bonne partie de lâannĂ©e.
Les logements sans systĂšme de chauffage constituent une autre catĂ©gorie particuliĂšre. Un appartement ou une maison oĂč il nâexiste ni radiateur, ni poĂȘle, ni chaudiĂšre, ni climatiseur, ni production dâeau chaude sanitaire dĂ©diĂ©e ne permet pas de calculer un DPE dans les rĂšgles. Le diagnostic repose justement sur la performance de ces Ă©quipements. Sans eux, on ne peut pas produire une Ă©tiquette fiable.
Illustrons avec un studio ancien, vide de tout appareil, oĂč le propriĂ©taire se contentait, jusquâici, dâun petit radiateur Ă©lectrique mobile branchĂ© au besoin. Dans ce cas, le bien peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme non soumis au DPE. MĂȘme logique pour une maison chauffĂ©e uniquement au foyer ouvert (une grande cheminĂ©e Ă lâancienne sans insert)âŻ: ce type de chauffage nâentre pas dans les scĂ©narios standards du diagnostic, ce qui rend le calcul inapplicable.
La confusion frĂ©quente vient du terme de DPE vierge. Avant la rĂ©forme de 2021, il arrivait que des diagnostiqueurs Ă©mettent un DPE sans information de consommation suffisante, par exemple faute de factures, avec une mention âviergeâ. Ce document nâattribuait pas vraiment de classe Ă©nergĂ©tique. DĂ©sormais, ce type de DPE nâest plus admis pour les ventes et locations de logements. On ne peut donc plus lâutiliser comme solution de repli.
La diffĂ©rence est donc netteâŻ:
- Bien non soumis au DPEâŻ: le diagnostic nâa pas Ă ĂȘtre Ă©tabli car le bien remplit une condition dâexemption prĂ©vue par la loi (pas de chauffage, usage saisonnier trĂšs limitĂ©, etc.).
- DPE viergeâŻ: document ancien ou non conforme, qui nâest plus acceptĂ© pour la plupart des transactions immobiliĂšres.
Pour Ă©viter les litiges, un vendeur ou un bailleur a intĂ©rĂȘt Ă indiquer clairement, dans lâannonce et dans les actes, si le bien est vraiment ânon soumis au DPEâ, tout en Ă©tant prĂȘt Ă expliquer pourquoi. En cas de contrĂŽle ou de contestation, conserver des preuves dâusage (factures, historique dâoccupation, attestations) peut faire toute la diffĂ©rence.
Au bout du compte, retenir les grandes lignes des exemptions DPE permet de gagner du temps, de lâargent et quelques nuits de sommeil. Encore faut-il manier la mention ânon soumisâ avec sĂ©rieuxâŻ: bien utilisĂ©e, elle simplifie la vie de tout le mondeâŻ; galvaudĂ©e, elle peut vite tourner au casse-tĂȘte juridique.
Quels sont les principaux types de biens immobiliers exemptés de DPE ?
Les biens principalement exemptĂ©s de DPE sont les constructions provisoires (utilisĂ©es moins de deux ans), les petits bĂątiments indĂ©pendants de moins de 50 mÂČ non destinĂ©s Ă lâhabitation, de nombreux bĂątiments Ă usage agricole, artisanal ou industriel peu ou pas chauffĂ©s, les monuments historiques et lieux de culte, ainsi que certains logements non chauffĂ©s ou utilisĂ©s moins de quatre mois par an. Dans tous les cas, câest lâusage rĂ©el, la prĂ©sence dâun systĂšme de chauffage et la nature du bĂątiment qui font foi.
Un abri de jardin doit-il avoir un DPE lors de la vente de la maison ?
En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, un abri de jardin indĂ©pendant de moins de 50 mÂČ, non chauffĂ© et non utilisĂ© comme logement, nâa pas besoin de DPE, mĂȘme sâil est inclus dans la vente de la maison. Le diagnostic portera sur lâhabitation principale. En revanche, si lâabri est amĂ©nagĂ© en vĂ©ritable studio chauffĂ© ou bureau de vie, lâobligation de DPE peut sâappliquer pour cette partie.
Peut-on se dispenser de DPE en coupant simplement le chauffage avant la vente ?
Non. Couper le chauffage ou vider les radiateurs ne suffit pas pour Ă©chapper Ă lâobligation de DPE. Si le logement est Ă©quipĂ© dâun systĂšme de chauffage, mĂȘme Ă lâarrĂȘt, il reste considĂ©rĂ© comme soumis au diagnostic. Seuls les biens rĂ©pondant rĂ©ellement aux critĂšres dâexemption prĂ©vus par la loi peuvent ĂȘtre dĂ©clarĂ©s non soumis au DPE.
Comment prouver quâun bien est vraiment non soumis au DPE ?
Il est conseillĂ© de mentionner clairement ânon soumis au DPEâ dans les annonces et les actes, puis de conserver des documents justificatifsâŻ: permis de construire ou dĂ©claration prĂ©alable indiquant la surface et la nature du bĂątiment, factures ou piĂšces prouvant lâusage saisonnier, attestations sur lâabsence de chauffage fixe, documents de classement en monument historique ou de statut de lieu de culte. Ces Ă©lĂ©ments permettront de rĂ©pondre en cas de contrĂŽle ou de contestation.
Une résidence secondaire est-elle toujours exemptée de DPE ?
Non. Une rĂ©sidence secondaire nâest dispensĂ©e de DPE que si elle est occupĂ©e moins de quatre mois par an au total. Si elle est utilisĂ©e plus souvent, transformĂ©e en rĂ©sidence principale ou louĂ©e une bonne partie de lâannĂ©e, elle redevient soumise Ă lâobligation de diagnostic en cas de vente ou de mise en location.


