Quels types de biens immobiliers seront exemptés du DPE en 2026 ?

Diagnostic de performance Ă©nergĂ©tique, seuils de consommation, passoires thermiques, interdictions de louer
 Le paysage immobilier a bien changĂ© ces derniĂšres annĂ©es, et beaucoup de propriĂ©taires se demandent dĂ©sormais si leur bien doit, ou non, afficher un DPE. Pourtant, tous les bĂątiments ne rentrent pas dans la mĂȘme case. Certains sont bel et bien exemptĂ©s de DPE, pour des raisons de logique pure : absence de chauffage, usage temporaire, activitĂ© agricole, patrimoine historique ou encore surface minime. Comprendre ces nuances, c’est Ă©viter de payer un diagnostic inutile, mais aussi se mettre Ă  l’abri de mauvaises surprises lors d’une vente ou d’une location.

Entre la petite dĂ©pendance au fond du jardin, la grange familiale restĂ©e dans son jus et la rĂ©sidence de vacances ouverte trois semaines par an, les situations sont nombreuses. Les textes de loi, eux, sont parfois arides, alors qu’un propriĂ©taire, un artisan ou une agence ont surtout besoin d’y voir clair, rapidement. L’objectif ici est simple : passer en revue les principaux types de biens immobiliers exemptĂ©s de DPE et expliquer, avec des exemples trĂšs concrets, pourquoi la rĂ©glementation les Ă©carte du dispositif. En filigrane, une idĂ©e forte revient : le DPE doit rester un outil utile, centrĂ© sur les bĂątiments oĂč l’on vit et consomme vraiment de l’énergie, pas sur tous les murs en parpaing du pays.

En bref :

  • Certains biens sont lĂ©galement non soumis au DPE : constructions provisoires, petits bĂątiments indĂ©pendants, bĂątiments agricoles, industriels ou artisanaux spĂ©cifiques, monuments historiques, lieux de culte, logements non chauffĂ©s.
  • L’exemption dĂ©pend surtout de l’usage rĂ©el, de la surface et de la prĂ©sence d’un systĂšme de chauffage ou de refroidissement, pas seulement de l’étiquette “grange” ou “dĂ©pendance”.
  • Un bien momentanĂ©ment non chauffĂ© n’est pas automatiquement dispensé : couper la chaudiĂšre pour Ă©viter le DPE est une fausse bonne idĂ©e qui peut mener Ă  des sanctions.
  • La mention “non soumis au DPE” doit ĂȘtre assumĂ©e et justifiĂ©e dans les annonces et les actes, avec des documents Ă  l’appui si besoin (permis, plans, preuves d’usage).
  • Les rĂ©sidences saisonniĂšres et les cas “limites” demandent une analyse fine pour ne pas confondre vĂ©ritable exonĂ©ration et DPE vierge dĂ©sormais interdit pour les ventes et locations de logements.

Comprendre l’exemption DPE : pourquoi tous les biens ne sont pas concernĂ©s

Pour bien saisir quels types de biens immobiliers sont exemptĂ©s du DPE, il faut d’abord rappeler Ă  quoi sert ce diagnostic. Le DPE mesure la consommation d’énergie et les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre d’un logement ou d’un local. Il s’applique, en principe, Ă  tout bĂątiment ou partie de bĂątiment clos et couvert, Ă©quipĂ© d’un systĂšme de chauffage, de refroidissement ou de production d’eau chaude sanitaire, et destinĂ© Ă  ĂȘtre occupĂ©.

La loi a pourtant prĂ©vu une sĂ©rie d’exceptions. L’idĂ©e est simple : ne pas imposer un diagnostic coĂ»teux sur des biens oĂč la consommation d’énergie liĂ©e au confort humain est inexistante ou dĂ©risoire. Un DPE sur une grange vide ou sur une chapelle utilisĂ©e trois fois par an aurait autant de sens qu’un contrĂŽle technique sur une voiture sans moteur. La rĂ©glementation cherche donc Ă  cibler les bĂątiments oĂč les marges de progrĂšs Ă©nergĂ©tiques sont rĂ©elles, notamment les logements.

Un exemple concret : Marc hĂ©rite dans le Sud-Ouest d’un vieux chai familial sans aucun chauffage, utilisĂ© uniquement pour stocker du matĂ©riel. Lorsqu’il envisage de le vendre, son notaire lui explique qu’il est non soumis au DPE, car ce local n’est ni habitable, ni chauffĂ©, ni occupĂ© de maniĂšre rĂ©guliĂšre. Le diagnostic n’apporterait aucune information utile Ă  l’acquĂ©reur puisque la consommation est, en pratique, nulle. À l’inverse, si Marc dĂ©cidait d’amĂ©nager une partie du chai en studio meublĂ© avec radiateurs et ballon d’eau chaude, lĂ , le DPE deviendrait obligatoire.

Cette nuance entre “bĂątiment existant” et “bĂątiment habitĂ© ou habitable” est centrale. La loi regarde :

  • La destination du bien : habitation, activitĂ© professionnelle, stockage, culte, patrimoine

  • La prĂ©sence (ou non) de systĂšmes Ă©nergĂ©tiques pour chauffer, refroidir ou produire de l’eau chaude domestique.
  • Le temps d’occupation : usage continu, saisonnier, ponctuel, infĂ©rieur Ă  quelques mois par an.
  • La structure du bĂątiment : clos et couvert, provisoire, dĂ©montable, indĂ©pendant ou rattachĂ© Ă  une habitation.
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C’est cette combinaison qui fait basculer un bien dans la catĂ©gorie “DPE obligatoire” ou “non soumis”. Autre point important : couper simplement le chauffage avant la vente ne suffit pas pour Ă©chapper au diagnostic. Un logement Ă©quipĂ© reste considĂ©rĂ© comme tel, mĂȘme si le propriĂ©taire n’allume plus la chaudiĂšre. Ce genre de contournement finit souvent mal, avec annulation de vente ou demande de compensation par l’acheteur.

Au fond, l’exemption DPE repose sur une forme de bon sens : concentrer les efforts lĂ  oĂč les Ă©conomies d’énergie vont vraiment changer la donne, et allĂ©ger la charge administrative pour les bĂątiments Ă  usage trĂšs particulier ou marginal. Comprendre cette logique permet ensuite de mieux lire la liste des biens officiellement dispensĂ©s.

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Constructions provisoires et petits bĂątiments indĂ©pendants : les exemptions liĂ©es Ă  la taille et Ă  la durĂ©e

Parmi les biens non soumis au DPE, les constructions temporaires et les petits bĂątiments indĂ©pendants reviennent souvent. Ils cumulent deux critĂšres clĂ©s : durĂ©e limitĂ©e d’utilisation ou surface rĂ©duite. Dans ces cas-lĂ , un diagnostic Ă©nergĂ©tique aurait un intĂ©rĂȘt trĂšs limitĂ©, voire nul.

Les constructions provisoires sont les plus faciles Ă  identifier. Il s’agit de bĂątiments prĂ©vus pour une utilisation de moins de deux ans : bases de vie de chantier, locaux modulaires pour une opĂ©ration commerciale, pavillons tĂ©moins dĂ©montĂ©s aprĂšs la vente d’un lotissement, structures lĂ©gĂšres installĂ©es le temps d’un Ă©vĂ©nement. On retrouve souvent ce type de bĂątiment en entrĂ©e de zone commerciale ou Ă  cĂŽtĂ© d’un grand chantier.

Dans ces situations, l’objectif n’est pas de crĂ©er un lieu de vie durable, mais d’accompagner une activitĂ© ponctuelle. Les installations de chauffage ou de climatisation sont souvent sommaires, parfois inexistantes, et la durĂ©e d’usage ne permet pas d’envisager de vĂ©ritables travaux de rĂ©novation Ă©nergĂ©tique. Exiger un DPE serait, lĂ  aussi, un peu comme demander une Ă©tude thermique complĂšte pour une tente de festival.

Viennent ensuite les petits bĂątiments indĂ©pendants de moins de 50 mÂČ, non destinĂ©s Ă  l’habitation. Cette catĂ©gorie intĂ©resse beaucoup de propriĂ©taires particuliers. Elle englobe :

  • les abris de jardin maçonnĂ©s ou en bois ;
  • les cabanons de rangement ;
  • certains bungalows ou mobile-homes fixes utilisĂ©s comme locaux techniques ;
  • les petits ateliers ou pool houses sans vĂ©ritable fonction de logement.

L’histoire de Sarah illustre bien le sujet. Paysagiste, elle a installĂ© une cabane sur son terrain pour stocker le matĂ©riel et offrir un coin repos Ă  ses salariĂ©s l’étĂ©. Surface : 35 mÂČ, aucun chauffage, juste une prise Ă©lectrique pour la bouilloire. Lorsqu’elle envisage de vendre sa maison, l’agent immobilier lui confirme que cette annexe est non soumise au DPE. Le diagnostic portera uniquement sur l’habitation principale, car la cabane reste un bĂątiment indĂ©pendant, de petite taille et sans vocation rĂ©sidentielle.

En revanche, si Sarah dĂ©cidait d’agrandir la cabane au-delĂ  de 50 mÂČ, d’y installer un poĂȘle Ă  granulĂ©s et d’y faire dormir rĂ©guliĂšrement des proches, le statut basculerait. On rentrerait alors dans l’univers du logement annexe, avec obligation de DPE en cas de vente ou de location. Un petit bĂątiment bien isolĂ© et bien Ă©quipĂ© peut vite devenir un vrai lieu de vie.

Ce fonctionnement “au cas par cas” peut ĂȘtre rĂ©sumĂ© dans un tableau pratique.

Type de bĂątiment Surface approximative Usage principal Chauffage fixe Soumis au DPE ?
Base de vie de chantier démontable Variable Chantier temporaire (< 2 ans) Non ou trÚs sommaire Non, construction provisoire
Abri de jardin indĂ©pendant < 50 mÂČ Stockage / bricolage Non Non, petit bĂątiment non rĂ©sidentiel
Pool house fermĂ© avec poĂȘle 45 mÂČ PiĂšce de vie occasionnelle Oui À vĂ©rifier, usage assimilable Ă  de l’habitation
Bungalow bureau en fond de jardin 25 mÂČ Bureau professionnel Non Non, si usage non rĂ©sidentiel

La leçon Ă  retenir est claire : un petit volume, sans usage d’habitation et sans chauffage fixe, reste gĂ©nĂ©ralement en dehors du champ du DPE. DĂšs qu’on s’en Ă©loigne, mieux vaut demander confirmation Ă  un diagnostiqueur ou Ă  un professionnel de l’immobilier pour Ă©viter les mauvaises interprĂ©tations.

Bñtiments agricoles, artisanaux et industriels : quand l’exploitation prime sur le confort

Autre grande famille de biens immobiliers exemptĂ©s de DPE : les bĂątiments Ă  usage principalement agricole, artisanal ou industriel. Leur point commun ? Ils sont conçus d’abord pour abriter une activitĂ© Ă©conomique, pas pour offrir un confort thermique Ă  des habitants au quotidien.

Dans les campagnes, les hangars, Ă©tables, granges de stockage ou ateliers d’élevage sont des exemples typiques. Ils abritent du matĂ©riel, des rĂ©coltes, des animaux, parfois des machines imposantes. L’énergie qui y est consommĂ©e sert majoritairement Ă  l’activité : ventilation pour les bĂȘtes, alimentation des robots de traite, Ă©clairage fonctionnel, alimentation de gros outils. Le chauffage, quand il existe, est souvent minimal et localisĂ©.

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La logique est la mĂȘme dans de nombreux locaux industriels ou artisanaux : ateliers de menuiserie, entrepĂŽts logistiques, dĂ©pĂŽts de matĂ©riaux, usines oĂč la chaleur vient surtout des machines. Dans ces lieux, le climat intĂ©rieur dĂ©pend davantage du process industriel que du chauffage installĂ© pour le confort humain. Calculer un DPE sur ce type de bĂątiment aurait peu de sens, car la consommation “confort” est noyĂ©e dans l’activitĂ© professionnelle.

Imaginons un atelier de menuiserie tenu par un artisan, avec un simple radiateur d’appoint pour le coin bureau. L’essentiel de l’électricitĂ© part dans les machines Ă  bois, l’aspiration des copeaux, l’éclairage. Tant que cet espace ne sert pas de logement ou de bureau chauffĂ© de maniĂšre significative, il entre dans la catĂ©gorie des bĂątiments non soumis au DPE. L’artisan concentrera ses efforts d’économie d’énergie sur ses machines, pas sur l’isolation comme dans un pavillon.

La rĂšgle change dĂšs qu’un bĂątiment agricole ou industriel accueille une vĂ©ritable fonction d’habitation ou de bureau confortable. Par exemple :

  • une grange transformĂ©e en gĂźte avec isolation, chauffage et eau chaude ;
  • un entrepĂŽt avec une grande partie amĂ©nagĂ©e en open space chauffĂ© et climatisé ;
  • un bĂątiment agricole avec un logement de gardien occupĂ© Ă  l’annĂ©e.

Dans ces cas de figure, la partie du bĂątiment dĂ©diĂ©e Ă  l’habitation ou aux bureaux peut nĂ©cessiter un DPE spĂ©cifique. La surface rĂ©ellement concernĂ©e par le confort des occupants doit alors ĂȘtre clairement identifiĂ©e, parfois via des plans ou des diagnostics sĂ©parĂ©s.

Cette approche permet de garder une cohĂ©rence globale : les investissements en rĂ©novation Ă©nergĂ©tique sont concentrĂ©s sur les lieux de vie ou de travail tertiaire, lĂ  oĂč les Ă©conomies sont les plus utiles. Pendant ce temps, les grands volumes de stockage ou de production, peu chauffĂ©s, restent en dehors du dispositif, ce qui Ă©vite des diagnostics coĂ»teux et peu parlants pour les exploitants.

Pour un propriĂ©taire, le rĂ©flexe Ă  adopter est simple : dĂšs qu’un bĂątiment professionnel commence Ă  ĂȘtre utilisĂ© comme logement, mĂȘme partiellement, il faut se demander si un DPE ne devient pas nĂ©cessaire. À l’inverse, un hangar de stockage pur, sans piĂšce de vie, restera dans le camp des biens exemptĂ©s.

Monuments historiques, lieux de culte et patrimoine protĂ©gé : une exception taillĂ©e sur mesure

Les monuments historiques et les lieux de culte occupent une place Ă  part dans la liste des biens non soumis au DPE. Ici, l’enjeu dĂ©passe largement la simple facture d’énergie : il s’agit de prĂ©server un patrimoine architectural souvent fragile, fruit de plusieurs siĂšcles d’histoire, difficilement compatible avec les standards actuels de performance Ă©nergĂ©tique.

Une Ă©glise gothique, un chĂąteau classĂ© ou une chapelle de village ne se rĂ©novent pas comme une maison des annĂ©es 1980. Les murs Ă©pais, les vitraux, les charpentes anciennes, les peintures et sculptures intĂ©rieures imposent des contraintes fortes. Ajouter une isolation par l’extĂ©rieur ou changer toutes les fenĂȘtres serait tout simplement impensable, et parfois illĂ©gal au regard des rĂšgles de protection du patrimoine.

Dans ce contexte, imposer un DPE standard reviendrait souvent Ă  souligner
 qu’on ne peut pas faire grand-chose sans trahir l’ñme du bĂątiment. PlutĂŽt que de pousser Ă  des travaux absurdes ou disproportionnĂ©s, la rĂ©glementation choisit donc d’exempter ces Ă©difices du diagnostic, tout en laissant de la place Ă  des solutions ciblĂ©es : amĂ©lioration des systĂšmes de chauffage existants, gestion plus fine de l’ouverture au public, choix d’éclairages plus efficaces.

On peut prendre l’exemple d’un chĂąteau inscrit Ă  l’inventaire des monuments historiques, utilisĂ© pour des visites et, ponctuellement, des rĂ©ceptions. Les propriĂ©taires y allument quelques radiateurs lors des Ă©vĂ©nements, mais l’édifice n’est pas un logement classique. Ce chĂąteau sera gĂ©nĂ©ralement non soumis au DPE, mĂȘme en cas de vente, dĂšs lors que son statut patrimonial est reconnu et que son usage principal reste culturel ou touristique.

La mĂȘme logique s’applique aux lieux de culte : Ă©glises, mosquĂ©es, temples, synagogues. Le chauffage, lorsqu’il existe, sert principalement Ă  rendre supportables quelques heures de prĂ©sence pendant les offices. Le reste du temps, le bĂątiment reste froid. LĂ  encore, un DPE n’apporterait pas une information exploitable, puisque l’occupation est trĂšs intermittente et qu’une rĂ©novation lourde serait rarement envisageable.

DerriĂšre cette exemption, il y a aussi la reconnaissance d’un travail souvent trĂšs artisanal autour de ces bĂątiments. Maçons spĂ©cialisĂ©s en pierres anciennes, charpentiers, tailleurs de pierre, ferronniers, tous interviennent avec des mĂ©thodes adaptĂ©es. Une approche purement â€œĂ©tiquette Ă©nergĂ©tique” n’aurait pas de sens sans prise en compte de ce savoir-faire et de ces contraintes uniques.

Au final, l’exemption DPE pour le patrimoine protĂ©gĂ© et les lieux de culte rappelle que la rĂ©glementation Ă©nergĂ©tique n’est pas un rouleau compresseur uniforme. Elle sait laisser de la souplesse lĂ  oĂč le respect de l’histoire et de l’architecture passe avant l’optimisation des kWh, tout en encourageant, quand c’est possible, des amĂ©liorations mesurĂ©es et rĂ©versibles.

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Résidences saisonniÚres, logements non chauffés et confusion avec le DPE vierge

Reste un groupe de biens qui fait souvent hĂ©siter les propriĂ©taires : les rĂ©sidences secondaires peu occupĂ©es et les logements sans systĂšme de chauffage. C’est lĂ  que l’on croise le plus de “cas limites” et d’idĂ©es reçues, notamment sur la diffĂ©rence entre “non soumis au DPE” et “DPE vierge”.

Commençons par les rĂ©sidences saisonniĂšres. La rĂ©glementation admet qu’un logement occupĂ© moins de quatre mois par an, en cumulĂ©, n’a pas le mĂȘme impact Ă©nergĂ©tique qu’une rĂ©sidence principale. Une petite maison de vacances en Bretagne, ouverte uniquement en aoĂ»t et deux week-ends de printemps, ne consomme pas, sur l’annĂ©e, comme un appartement habitĂ© au quotidien. Dans ce type de situation, le bien peut ĂȘtre exemptĂ© de DPE, Ă  condition que cet usage trĂšs limitĂ© soit rĂ©el et stable dans le temps.

Attention toutefois aux glissements progressifs. Si cette mĂȘme maison de vacances est finalement occupĂ©e six mois par an, ou transformĂ©e en location touristique quasi permanente, l’argument de l’usage saisonnier tombe. Le bien rentre alors dans le champ classique du DPE, comme n’importe quel logement mis sur le marchĂ© de la vente ou de la location. L’acheteur ou le locataire a lĂ©gitimement besoin de connaĂźtre la performance Ă©nergĂ©tique du lieu oĂč il va passer une bonne partie de l’annĂ©e.

Les logements sans systĂšme de chauffage constituent une autre catĂ©gorie particuliĂšre. Un appartement ou une maison oĂč il n’existe ni radiateur, ni poĂȘle, ni chaudiĂšre, ni climatiseur, ni production d’eau chaude sanitaire dĂ©diĂ©e ne permet pas de calculer un DPE dans les rĂšgles. Le diagnostic repose justement sur la performance de ces Ă©quipements. Sans eux, on ne peut pas produire une Ă©tiquette fiable.

Illustrons avec un studio ancien, vide de tout appareil, oĂč le propriĂ©taire se contentait, jusqu’ici, d’un petit radiateur Ă©lectrique mobile branchĂ© au besoin. Dans ce cas, le bien peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme non soumis au DPE. MĂȘme logique pour une maison chauffĂ©e uniquement au foyer ouvert (une grande cheminĂ©e Ă  l’ancienne sans insert) : ce type de chauffage n’entre pas dans les scĂ©narios standards du diagnostic, ce qui rend le calcul inapplicable.

La confusion frĂ©quente vient du terme de DPE vierge. Avant la rĂ©forme de 2021, il arrivait que des diagnostiqueurs Ă©mettent un DPE sans information de consommation suffisante, par exemple faute de factures, avec une mention “vierge”. Ce document n’attribuait pas vraiment de classe Ă©nergĂ©tique. DĂ©sormais, ce type de DPE n’est plus admis pour les ventes et locations de logements. On ne peut donc plus l’utiliser comme solution de repli.

La diffĂ©rence est donc nette :

  • Bien non soumis au DPE : le diagnostic n’a pas Ă  ĂȘtre Ă©tabli car le bien remplit une condition d’exemption prĂ©vue par la loi (pas de chauffage, usage saisonnier trĂšs limitĂ©, etc.).
  • DPE vierge : document ancien ou non conforme, qui n’est plus acceptĂ© pour la plupart des transactions immobiliĂšres.

Pour Ă©viter les litiges, un vendeur ou un bailleur a intĂ©rĂȘt Ă  indiquer clairement, dans l’annonce et dans les actes, si le bien est vraiment “non soumis au DPE”, tout en Ă©tant prĂȘt Ă  expliquer pourquoi. En cas de contrĂŽle ou de contestation, conserver des preuves d’usage (factures, historique d’occupation, attestations) peut faire toute la diffĂ©rence.

Au bout du compte, retenir les grandes lignes des exemptions DPE permet de gagner du temps, de l’argent et quelques nuits de sommeil. Encore faut-il manier la mention “non soumis” avec sĂ©rieux : bien utilisĂ©e, elle simplifie la vie de tout le monde ; galvaudĂ©e, elle peut vite tourner au casse-tĂȘte juridique.

Quels sont les principaux types de biens immobiliers exemptés de DPE ?

Les biens principalement exemptĂ©s de DPE sont les constructions provisoires (utilisĂ©es moins de deux ans), les petits bĂątiments indĂ©pendants de moins de 50 mÂČ non destinĂ©s Ă  l’habitation, de nombreux bĂątiments Ă  usage agricole, artisanal ou industriel peu ou pas chauffĂ©s, les monuments historiques et lieux de culte, ainsi que certains logements non chauffĂ©s ou utilisĂ©s moins de quatre mois par an. Dans tous les cas, c’est l’usage rĂ©el, la prĂ©sence d’un systĂšme de chauffage et la nature du bĂątiment qui font foi.

Un abri de jardin doit-il avoir un DPE lors de la vente de la maison ?

En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, un abri de jardin indĂ©pendant de moins de 50 mÂČ, non chauffĂ© et non utilisĂ© comme logement, n’a pas besoin de DPE, mĂȘme s’il est inclus dans la vente de la maison. Le diagnostic portera sur l’habitation principale. En revanche, si l’abri est amĂ©nagĂ© en vĂ©ritable studio chauffĂ© ou bureau de vie, l’obligation de DPE peut s’appliquer pour cette partie.

Peut-on se dispenser de DPE en coupant simplement le chauffage avant la vente ?

Non. Couper le chauffage ou vider les radiateurs ne suffit pas pour Ă©chapper Ă  l’obligation de DPE. Si le logement est Ă©quipĂ© d’un systĂšme de chauffage, mĂȘme Ă  l’arrĂȘt, il reste considĂ©rĂ© comme soumis au diagnostic. Seuls les biens rĂ©pondant rĂ©ellement aux critĂšres d’exemption prĂ©vus par la loi peuvent ĂȘtre dĂ©clarĂ©s non soumis au DPE.

Comment prouver qu’un bien est vraiment non soumis au DPE ?

Il est conseillĂ© de mentionner clairement ‘non soumis au DPE’ dans les annonces et les actes, puis de conserver des documents justificatifs : permis de construire ou dĂ©claration prĂ©alable indiquant la surface et la nature du bĂątiment, factures ou piĂšces prouvant l’usage saisonnier, attestations sur l’absence de chauffage fixe, documents de classement en monument historique ou de statut de lieu de culte. Ces Ă©lĂ©ments permettront de rĂ©pondre en cas de contrĂŽle ou de contestation.

Une résidence secondaire est-elle toujours exemptée de DPE ?

Non. Une rĂ©sidence secondaire n’est dispensĂ©e de DPE que si elle est occupĂ©e moins de quatre mois par an au total. Si elle est utilisĂ©e plus souvent, transformĂ©e en rĂ©sidence principale ou louĂ©e une bonne partie de l’annĂ©e, elle redevient soumise Ă  l’obligation de diagnostic en cas de vente ou de mise en location.

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