Le remplacement d’une vieille chaudière par une pompe à chaleur fait souvent tourner les têtes… et les calculettes. Entre le prix du matériel, la pose, les petits travaux annexes et les aides qui viennent alléger la note, le budget réel peut varier du simple au double pour deux maisons pourtant très proches. En 2026, avec la hausse du coût de l’énergie et les nouvelles exigences de performance, l’enjeu n’est plus seulement de passer à un système “plus écologique”, mais de viser un investissement vraiment rentable, capable de tenir 15 à 20 ans sans mauvaise surprise. Pour y voir clair, mieux vaut aborder le sujet comme un chantier complet de rénovation énergétique, pas comme un simple changement d’appareil.
Dans de nombreux foyers, on découvre trop tard que le devis le plus bas cachait des oublis : désembouage du réseau, mise à niveau électrique, remplacement de quelques radiateurs, support béton pour l’unité extérieure… Autant de lignes qui finissent parfois en avenants, payés au prix fort une fois le chantier lancé. À l’inverse, un projet bien cadré dès le départ permet de profiter pleinement du confort d’une pompe à chaleur : chaleur douce, facture de chauffage maîtrisée, maison valorisée pour une éventuelle revente. L’objectif est donc simple : comprendre ce qui se cache réellement derrière le prix, comment dimensionner le budget en fonction de la surface et du type de PAC, quels indicateurs techniques vérifier, et comment utiliser intelligemment les aides pour limiter le reste à charge sans compromettre la qualité.
En bref
- Le “vrai prix” d’une pompe à chaleur inclut toujours des postes annexes : désembouage, électricité, supports, réglages peuvent ajouter 10 à 15 % au montant de base.
- Le type de PAC (air-air, air-eau, géothermie) et la surface chauffée déterminent l’essentiel du budget, avec des fourchettes réalistes entre 5 000 € et plus de 25 000 € pose incluse.
- Les indicateurs SCOP et ETAS sont indispensables pour juger de la performance réelle et valider l’éligibilité aux aides publiques.
- MaPrimeRénov’, les CEE, la TVA réduite et l’éco-PTZ peuvent diviser par deux le coût final, si le dossier est monté correctement avant signature.
- La rentabilité se joue sur la qualité d’étude, de pose et d’entretien : une PAC mal dimensionnée ou mal implantée peut coûter cher en surconsommation et en pannes.
Pompe à chaleur 2026 : comprendre ce qui se cache vraiment derrière le prix
Quand on regarde un devis de pompe à chaleur, la première ligne attire l’œil : “PAC air-eau + installation : 13 500 €”. Sur le papier, tout semble clair. Dans la réalité, ce chiffre n’est que la partie visible de l’iceberg. Le budget global se construit en couches : choix de la technologie, accessoires hydrauliques, adaptations du réseau existant, mise en service, réglages, et parfois quelques travaux de finition dans le logement. Pour éviter les dérapages, il faut apprendre à lire un devis comme un plan de rénovation thermique, poste par poste.
Une PAC air-air, souvent installée dans des maisons chauffées à l’électricité ou en complément d’un autre système, se situe généralement entre 5 000 € et 12 000 € matériel et pose compris. La tentation est grande de la considérer comme un simple “climatiseur amélioré” : on pose l’unité extérieure, quelques consoles intérieures, et c’est parti. Sauf que sans étude sérieuse des volumes, des flux d’air et de l’emplacement des unités, on se retrouve vite avec des pièces surchauffées, d’autres à peine tempérées, et des occupants qui jonglent avec les télécommandes.
Pour la PAC air-eau, qui remplace le plus souvent une chaudière fioul ou gaz, la fourchette courante va de 9 000 € à 18 000 € tout compris. Pour une maison familiale de 100 à 150 m², les projets bien cadrés se situent souvent entre 10 000 € et 16 000 €. Deux chantiers au même prix peuvent pourtant donner des résultats opposés : dans le premier cas, désembouage complet du circuit, réglage fin de la loi d’eau, sondes d’ambiance bien placées ; dans le second, installation “au chausse-pied” sans vérifier l’état des radiateurs ni la qualité de l’équilibrage. Sur la facture d’électricité des hivers suivants, la différence se lit très vite.
La géothermie (sol-eau) occupe encore un autre registre. Ici, l’appareil lui-même n’est qu’une partie du budget : le forage ou le terrassement peuvent représenter une marche bien plus haute. Les projets démarrent souvent autour de 15 000 € et dépassent régulièrement 25 000 € selon la profondeur, la nature du terrain et la surface chauffée. En échange, la stabilité de la température du sol permet une performance très régulière, même par grand froid, ce qui attire de plus en plus de propriétaires de grandes maisons bien isolées.
À ces montants s’ajoutent les fameux postes “invisibles” qui font basculer un devis :
- Désembouage du circuit de chauffage : entre 400 € et 800 € dans la plupart des cas, mais indispensable pour protéger l’échangeur de la PAC.
- Mise à niveau électrique : tableau, protections différentielles, câblage dédié, souvent entre 500 € et 1 500 €.
- Support ou dalle béton pour l’unité extérieure : de l’ordre de 300 € à 800 € selon la configuration.
- Remplacement de radiateurs inadaptés à la basse température : typiquement 200 € à 400 € par radiateur.
- Longueur et complexité des liaisons frigorifiques ou hydrauliques : chaque mètre, chaque percement, chaque coffrage finit par peser.
Dans une maison comme celle de Marc et Sophie, 115 m² des années 80 avec radiateurs acier, l’écart entre deux devis avait dépassé 4 000 €. Le moins cher ne prévoyait ni désembouage, ni mise à jour électrique, ni réglage détaillé. Sur le papier, la PAC était la même puissance. Dans les faits, l’un proposait un chantier clé en main, l’autre un puzzle à assembler en direct. La leçon est simple : une PAC performante dans une maison mal préparée devient une PAC qui force.
À partir de ce décryptage, une question revient naturellement : comment associer ces ordres de grandeur au type de pompe et à la surface de la maison ? C’est le sujet du prochain volet.

Prix d’une pompe à chaleur selon le type et la surface : fourchettes réalistes pour 2026
Parler budget PAC sans parler surface ni usage, c’est comme commander un escalier sans donner la hauteur de l’étage. La puissance nécessaire dépend de la taille de la maison, de son isolation, du climat local et du système d’émission (plancher chauffant, radiateurs, ventilo-convecteurs). Les fourchettes ci-dessous ne remplacent pas une étude thermique, mais elles donnent des repères solides pour vérifier si un devis se situe dans les clous ou s’il semble complètement hors-sol.
En configuration standard, avec un installateur qualifié, les budgets moyens se répartissent ainsi :
| Surface habitable | PAC air-air (pose incluse) | PAC air-eau (pose incluse) | PAC géothermique (pose incluse) |
|---|---|---|---|
| 60–80 m² | 5 000 – 7 500 € | 8 000 – 11 000 € | 14 000 – 18 000 € |
| 80–100 m² | 6 000 – 9 000 € | 9 000 – 13 000 € | 15 000 – 20 000 € |
| 100–120 m² | 7 000 – 10 500 € | 10 000 – 14 000 € | 17 000 – 22 000 € |
| 120–150 m² | 8 500 – 12 000 € | 12 000 – 16 000 € | 20 000 – 25 000 € |
| 150–200 m² | 10 000 – 14 000 € | 14 000 – 18 000 € | 23 000 – 30 000 € |
Ces fourchettes supposent une maison déjà correctement isolée (par exemple un DPE autour de C ou D) et un climat tempéré. Dans une vieille longère en pierre non rénovée avec de grands volumes, la puissance à installer et donc le budget peuvent grimper nettement. C’est pour cela que beaucoup de projets combinent d’abord un chantier d’isolation (combles, murs, menuiseries) avant d’installer la PAC, pour réduire durablement les besoins et éviter un surdimensionnement coûteux.
Un exemple concret aide à visualiser. Dans une maison de 120 m² construite dans les années 90, avec radiateurs acier et isolation moyenne, une PAC air-eau de gamme correcte se situe souvent autour de 12 000 à 16 000 € pose comprise. Si on ajoute un ballon d’eau chaude sanitaire intégré, il faut compter 1 500 à 2 500 € de plus. S’ajoutent parfois quelques options de régulation pièce par pièce ou une commande connectée, pour quelques centaines d’euros supplémentaires.
Dans une maison ancienne de 120 m², murs épais, fenêtres déjà changées mais radiateurs fonte d’époque, la stratégie n’est plus la même. Soit on remplace une partie des émetteurs pour passer sur une PAC basse température plus efficiente, soit on opte pour un modèle haute température, plus cher de 1 000 à 2 000 € mais capable de travailler avec les radiateurs existants. Dans ce cas, le “meilleur prix” n’est pas forcément celui du devis le plus bas : c’est celui qui optimise le rapport entre travaux, confort et facture d’énergie.
Pour ceux qui envisagent une rénovation plus profonde, l’impact de la PAC sur la valeur du bien n’est pas négligeable. Un logement mieux classé au DPE, équipé d’un chauffage performant, se revend en général plus facilement et plus cher. Pour cadrer cette notion de valorisation, des ressources comme ce guide pour estimer la valeur d’une maison après travaux aident à articuler budget PAC, isolation et retour sur investissement global.
Enfin, impossible de parler surface sans parler financement. Beaucoup de propriétaires articulent aujourd’hui leur projet autour d’un prêt travaux dédié, plutôt que de puiser dans leur épargne. Des dossiers clairs, s’appuyant sur des devis détaillés et des diagnostics sérieux, facilitent l’obtention d’un financement, notamment via des dispositifs expliqués dans ce point complet sur le prêt travaux. Pour résumer cette partie : la bonne PAC au bon endroit, c’est d’abord le bon dimensionnement.
Une fois la question de la surface éclaircie, reste à savoir si la PAC choisie est réellement performante. C’est là que les indicateurs SCOP, ETAS et le choix du fluide changent la donne.
Performance, SCOP, ETAS et fluide : les chiffres clés qui conditionnent le budget et les aides
Deux devis peuvent proposer une pompe à chaleur de 8 kW pour la même maison, mais la facture d’électricité et l’accès aux aides ne seront pas les mêmes. La différence tient souvent dans des acronymes que l’on survole trop vite : COP, SCOP, ETAS. Comprendre ces indicateurs, sans jargon inutile, permet de distinguer un matériel simplement “vendable” d’un équipement réellement performant, adapté au contexte réglementaire actuel.
Le COP, coefficient de performance, est la star des brochures commerciales. Mesuré dans des conditions de laboratoire très favorables, il peut afficher 4, 5 ou plus. Cela signifie que pour 1 kWh d’électricité consommé, la PAC restitue 4 ou 5 kWh de chaleur. Problème : la maison ne vit pas en laboratoire. Dès que les températures extérieures descendent ou que le réseau de chauffage est mal équilibré, le COP réel chute. D’où l’intérêt du SCOP, performance saisonnière.
Le SCOP intègre la variation de température sur toute la saison de chauffage. Sur le terrain, un SCOP entre 3,5 et 4,5 pour les modèles récents est courant. Plus ce chiffre est proche de 4 ou au-delà , plus la PAC sera économe en fonctionnement. Cette performance juste se reflète souvent dans la qualité du compresseur, de l’électronique de régulation et de l’échangeur. Une machine un peu plus chère à l’achat mais dotée d’un SCOP solide peut faire gagner des centaines d’euros par an, surtout dans les régions où les hivers sont plus marqués.
Vient ensuite l’ETAS, efficacité énergétique saisonnière. C’est lui qui intéresse particulièrement les dispositifs d’aide publique. Pour les PAC air-eau dédiées au chauffage, le seuil d’éligibilité se situe souvent autour de 111 %. Pour une PAC qui assure aussi l’eau chaude sanitaire, les attentes grimpent généralement vers 126 %. Si le devis ne mentionne pas l’ETAS, c’est un signal d’alerte : soit le professionnel ne maîtrise pas le sujet, soit le matériel flirte avec les limites réglementaires.
Un devis sérieux présente une fiche produit claire : classe énergétique (A++, A+++), SCOP détaillé par climat, ETAS indiqué noir sur blanc. Ces données ne sont pas là pour faire joli, elles conditionnent directement l’accès à MaPrimeRénov’ ou à certaines primes CEE. Elles permettent aussi, très concrètement, de comparer deux offres au-delà du seul prix d’achat. Payer un peu plus cher pour une PAC mieux classée peut raccourcir le temps de retour sur investissement.
Autre détail qui en dit long sur le sérieux de l’installation : le fluide frigorigène utilisé. Les anciens modèles au R410A ne sont plus en phase avec les exigences environnementales actuelles. Leur impact sur le climat (pouvoir de réchauffement global) est élevé, et leur avenir réglementaire limité. Les modèles au R32 sont désormais la norme pour les PAC air-air et air-eau : fluide moins impactant, meilleur rendement dans beaucoup de cas, et filière d’entretien mieux assurée. Un devis qui propose encore un équipement neuf au R410A ressemble souvent à une liquidation de stock.
Il faut aussi garder en tête que la performance théorique ne rattrape pas une enveloppe thermique défaillante. Une maison très mal isolée, avec des combles non traités et des fenêtres d’un autre âge, fera souffrir même une PAC haut de gamme. Dans ces configurations, les retours terrain montrent que l’ordre des travaux à privilégier reste le même : réduire les pertes de chaleur avant d’installer un système performant. Cela rejoint les logiques de rénovation thermique globale, où l’on pense isolation, menuiseries et chauffage dans un même plan.
Enfin, ces aspects techniques et réglementaires ont aussi un impact sur la sécurité du logement et la qualité de l’installation électrique. Un chantier PAC bien mené s’inscrit dans une démarche globale de maison sûre : tableau à jour, protections différentielles adaptées, cheminement des câbles maîtrisé. Pour approfondir ce volet sécurité, des ressources comme ce guide pour sécuriser sa maison avec les bons travaux complètent utilement la réflexion.
Comprendre ces chiffres est une étape. La suivante consiste à voir comment les aides viennent récompenser les projets bien ficelés, et comment elles influencent le budget final payé par le foyer.
Aides financières, reste à charge et rentabilité d’une pompe à chaleur
Le montant affiché en bas du devis fait parfois peur. Heureusement, le prix catalogue n’est presque jamais celui que paie réellement un particulier. Entre MaPrimeRénov’, les primes CEE, la TVA réduite et l’éco-PTZ, le reste à charge peut être fortement réduit, à condition de respecter l’ordre des démarches. Un point clé ne change pas : les demandes d’aides doivent être déposées avant de signer le devis. Une fois le contrat accepté, beaucoup de portes se ferment.
Pour une PAC air-eau, MaPrimeRénov’ propose des montants dégressifs selon les revenus du foyer. Pour les ménages les plus modestes, les aides peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros, de l’ordre de 5 000 € dans certains cas. Les ménages modestes peuvent viser autour de 4 000 €, les revenus intermédiaires environ 3 000 €. Les foyers les plus aisés doivent souvent passer par des parcours de rénovation plus globaux pour bénéficier d’un soutien significatif. Pour la géothermie, les enveloppes sont plus généreuses, avec des plafonds qui peuvent grimper beaucoup plus haut, reflétant le coût plus important des travaux de forage.
Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), et en particulier les offres dites “Coup de pouce chauffage”, viennent se cumuler avec MaPrimeRénov’ dans de nombreux cas. Là encore, les montants varient selon le revenu fiscal et le type de chauffage remplacé (fioul, gaz, électrique). Dans les configurations récentes, une PAC air-eau en remplacement d’une chaudière fioul peut bénéficier de primes CEE de l’ordre de 2 500 à 4 000 €. La géothermie, plus performante, peut déclencher des montants encore supérieurs.
À ces aides directes s’ajoutent des “leviers silencieux” mais efficaces. La TVA réduite à 5,5 % sur le matériel et la main-d’œuvre représente vite plusieurs centaines d’euros économisés. Sur un chantier à 15 000 €, passer de 20 % à 5,5 % de TVA, c’est déjà un gain de l’ordre de 1 800 € par rapport à une taxation pleine. L’éco-prêt à taux zéro, lui, ne diminue pas le montant global, mais permet de lisser le reste à charge sans intérêts, ce qui fait une grande différence dans le budget mensuel.
Deux scénarios permettent de visualiser la mécanique. Dans le premier, une famille modeste en maison de 100 m² remplace une chaudière fioul par une PAC air-eau. Le devis global s’élève à 13 500 €. MaPrimeRénov’ apporte 4 000 €, les CEE 4 000 € supplémentaires, la TVA réduite permet un gain d’environ 850 €, et une aide locale ajoute 500 €. Le reste à charge tombe autour de 4 150 €. Autrement dit, plus de deux tiers du projet sont pris en charge.
Dans le second scénario, un foyer aux revenus intermédiaires dans une maison de 120 m² remplace un chauffage gaz par une PAC air-eau à 15 000 €. MaPrimeRénov’ représente environ 3 000 €, les CEE 2 500 €, la TVA réduite génère un gain d’environ 950 €. Le reste à charge s’établit autour de 8 550 €. En le finançant via un éco-PTZ sur plusieurs années, l’effort mensuel est souvent compensé, tout ou partie, par l’économie réalisée sur la facture d’énergie.
Pour bien calibrer sa stratégie financière, beaucoup de propriétaires articulent désormais pompe à chaleur, isolation et financement dans un plan global, surtout lorsqu’ils envisagent de conserver le bien plusieurs années. Une PAC bien choisie peut aussi contribuer à la plus-value en cas de revente, surtout si elle s’inscrit dans un bouquet de travaux cohérent. Sur ce point, des analyses comme celles proposées dans ce dossier dédié à la plus-value immobilière après travaux permettent de mesurer l’impact global d’une rénovation énergétique.
Une chose reste constante : plus le dossier technique est clair (SCOP, ETAS, attestation RGE, descriptif précis des travaux), plus les aides sont simples à obtenir et plus le projet gagne en crédibilité, y compris auprès des banques. L’étape suivante consiste alors à transformer ce beau dossier en une installation robuste, capable de durer 15 à 20 ans sans drame.
Pose, erreurs fréquentes et entretien : sécuriser sa pompe à chaleur sur 15 à 20 ans
Une pompe à chaleur, ce n’est pas seulement un bloc posé contre un mur extérieur. C’est un ensemble de choix techniques qui impactent le confort au quotidien, le bruit perçu, l’esthétique de la maison et la durée de vie du matériel. Les retours de terrain montrent que la rentabilité se joue autant à l’achat qu’au moment de la pose et dans les années qui suivent, via l’entretien.
Le premier enjeu, c’est le dimensionnement. Une PAC trop petite va tirer sur son appoint électrique ou se montrer incapable de couvrir les besoins lors des pointes de froid. À l’inverse, une PAC surdimensionnée va enchaîner les cycles courts : démarrages et arrêts répétés, pièce qui chauffe trop vite, usure prématurée du compresseur. Dans les petites maisons, ce phénomène est encore plus visible. On finit par baisser les consignes, voire désactiver des fonctions, faute d’avoir calibré la puissance au plus juste.
Un bon dimensionnement repose sur une étude des déperditions : qualité de l’isolation, ponts thermiques, type de menuiseries, orientation de la maison. Il s’appuie aussi sur le type d’émetteurs : radiateurs surdimensionnés, plancher chauffant basse température, ventilo-convecteurs, etc. Une maison bien rénovée, avec des combles et des murs isolés correctement, permet de choisir une PAC moins puissante, donc moins chère, qui fonctionnera plus sereinement sur la durée. Un petit kW bien exploité vaut mieux qu’un gros kW qui s’ennuie.
Deuxième point clé : l’implantation de l’unité extérieure. Le bruit reste l’une des principales sources d’inquiétude, alors que les modèles récents sont nettement plus discrets qu’il y a dix ans. Dans les faits, ce n’est pas tant le niveau sonore de la machine qui gêne que sa position. Installée sous une fenêtre de chambre ou dans un angle réverbérant, elle peut devenir envahissante. Placée à bonne distance, sur un support stable avec plots anti-vibratiles, protégée sans être enfermée, elle se fait vite oublier.
Un dégagement suffisant est aussi crucial pour la performance : l’air doit circuler librement autour de l’appareil, sinon il “respire” en boucle son propre air refroidi. Cela nuit au rendement, surtout en période de dégivrage. L’accessibilité pour l’entretien compte également : une unité coincée derrière une haie ou dans un renfoncement difficile d’accès augmentera les temps d’intervention et les coûts de maintenance.
Le choix de l’artisan pèse donc lourd. Se focaliser uniquement sur le prix du devis est une erreur classique. Pour comparer de manière pertinente, il faut vérifier :
- La qualification RGE QualiPAC de l’entreprise et son expérience réelle.
- La présence des indicateurs SCOP et ETAS sur le matériel proposé.
- Le détail des prestations : désembouage, équilibrage, mise en service, paramétrage.
- La prise en compte des contraintes acoustiques et esthétiques.
Un artisan qui pose des questions sur l’isolation, qui regarde les radiateurs un par un, qui inspecte le tableau électrique et les points de passage des liaisons, est généralement sur la bonne voie. Ce type de méthode permet de traiter la PAC comme un maillon d’une chaîne plus large, au service du confort et de la sécurité de l’habitat.
Reste enfin la question de l’entretien. Sur une PAC air-eau ou géothermique, un contrat annuel compris entre 150 € et 300 € est courant selon la région et le niveau de service. Ce budget couvre les contrôles de pression, les vérifications de sécurité, la recherche de petites fuites éventuelles, ainsi que le nettoyage de certains éléments. Sur une PAC air-air, le nettoyage régulier des filtres par l’occupant est primordial, en plus des visites de maintenance.
Pour les occupants, trois gestes simples prolongent la durée de vie de l’appareil : garder l’unité extérieure dégagée (pas de feuilles mortes, pas de végétation collée), surveiller la pression sur le circuit de chauffage et signaler rapidement tout bruit inhabituel ou baisse de performance. Dans beaucoup de maisons, ces réflexes sont venus avec le temps, au même titre que l’entretien d’une toiture ou le nettoyage d’une gouttière.
Bien pensée, bien posée et bien entretenue, une pompe à chaleur peut tenir ses promesses pendant 15 à 20 ans, tout en améliorant le confort et en stabilisant la facture d’énergie. En résumé, la rentabilité d’une PAC est moins une question de miracle technique qu’une question de méthode et de bon sens.
Quel budget moyen prévoir pour une pompe à chaleur air-eau en maison individuelle ?
Pour une maison de 100 Ă 150 m² dĂ©jĂ correctement isolĂ©e, le budget d’une pompe Ă chaleur air-eau se situe en gĂ©nĂ©ral entre 10 000 € et 18 000 €, pose comprise, avant dĂ©duction des aides. La variation dĂ©pend de la puissance, de la gamme choisie, de l’intĂ©gration ou non d’un ballon d’eau chaude sanitaire et des travaux annexes (dĂ©sembouage, Ă©lectricitĂ©, supports, adaptation des radiateurs).
Est-il pertinent d’installer une pompe Ă chaleur sans avoir isolĂ© la maison ?
C’est techniquement possible, mais rarement optimal. Dans un logement très mal isolĂ©, la pompe Ă chaleur doit compenser des pertes importantes, ce qui la fait travailler plus fort, consommer davantage et s’user plus vite. Pour un investissement vraiment rentable, il est recommandĂ© de traiter d’abord les principales sources de dĂ©perdition (combles, murs, menuiseries), puis de dimensionner la PAC sur une base Ă©nergĂ©tique assainie.
Quelles données techniques demander sur le devis pour sécuriser les aides ?
Les Ă©lĂ©ments clĂ©s Ă exiger sur le devis sont le SCOP (performance saisonnière) et surtout l’ETAS (efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique saisonnière), qui conditionne l’Ă©ligibilitĂ© Ă de nombreuses aides comme MaPrimeRĂ©nov’ ou les CEE. Il est aussi important de vĂ©rifier la classe Ă©nergĂ©tique (A++, A+++), le type de fluide frigorigène utilisĂ©, et la qualification RGE QualiPAC de l’installateur.
Combien coĂ»te l’entretien annuel d’une pompe Ă chaleur et est-il vraiment nĂ©cessaire ?
L’entretien annuel d’une pompe Ă chaleur se situe gĂ©nĂ©ralement entre 150 € et 300 € selon la rĂ©gion et le type d’appareil. Il permet de vĂ©rifier la pression, le bon fonctionnement des organes de sĂ©curitĂ©, l’absence de fuite de fluide, ainsi que de nettoyer certains Ă©lĂ©ments. Cet entretien est indispensable pour prĂ©server le rendement, limiter les pannes coĂ»teuses et respecter souvent les conditions de garantie.
Comment savoir si le devis de pompe à chaleur proposé est cohérent avec la maison ?
Pour juger de la cohĂ©rence d’un devis, il faut vĂ©rifier que le professionnel a pris en compte la surface, l’isolation, le type de radiateurs, le climat local et les contraintes Ă©lectriques. Un devis sĂ©rieux dĂ©taille le dimensionnement, les travaux annexes (dĂ©sembouage, Ă©lectricitĂ©, supports), les indicateurs SCOP et ETAS et la mise en service. Si ces Ă©lĂ©ments sont absents ou flous, il est prudent de demander des prĂ©cisions ou un second avis.


