Dans beaucoup de maisons, la question des prises électriques revient toujours au mauvais moment : au moment de brancher la cafetière en même temps que le grille-pain, de créer un coin télétravail ou de recharger un vélo électrique. Les rallonges qui serpentent au sol, les multiprises surchargées derrière un meuble et les fils emmêlés finissent par transformer un intérieur soigné en véritable nid à risques. Installer une prise électrique chez soi sans tracas, c’est avant tout remettre de l’ordre dans tout cela, avec une méthode simple, sécurisée et adaptée à chaque pièce. Quand une installation est bien pensée, le confort du logement grimpe d’un coup, au même titre qu’une bonne isolation ou une menuiserie bien posée.
Ce type de petit chantier ne demande pas de diplôme d’électricien, mais une vraie rigueur. Couper le courant, vérifier l’absence de tension, identifier les bons conducteurs, choisir entre prise encastrée ou en saillie : chaque geste compte. Les propriétaires qui rénovent leur maison, les familles qui réaménagent une cuisine, ou ceux qui cherchent à valoriser leur bien avant une revente ont tout intérêt à s’y pencher sérieusement. Une prise ajoutée au bon endroit, c’est moins de risques d’échauffement, moins de disjoncteur qui saute et une maison plus agréable à vivre au quotidien. À condition de respecter quelques règles de base, et de savoir quand il est temps d’appeler un professionnel plutôt que de forcer.
En bref
- Prévoir l’emplacement des prises électriques en fonction des usages réels dans chaque pièce : cuisine, bureau, salon, chambres, buanderie.
- Travailler toujours en sécurité : coupure du courant au tableau, testeur de tension, matériel conforme et environnement sec.
- Adapter la méthode de pose (encastrée ou en saillie) à la nature du mur et au niveau de finition souhaité, sans fragiliser la cloison.
- Vérifier la capacité du circuit (calibre du disjoncteur, section des fils, puissance des appareils branchés) avant d’ajouter une nouvelle prise.
- Tester et surveiller la nouvelle prise dans le temps pour éviter les échauffements, les déclenchements répétés et les faux contacts.
Comprendre où et pourquoi installer une prise électrique chez soi
Avant de sortir la scie-cloche, installer une prise électrique commence par une question de bon sens : où manque-t-il vraiment des points de branchement, et pour quels usages précis ? Dans de nombreux logements construits avant l’ère du télétravail et des équipements connectés, le nombre de prises est tout simplement dépassé. Un salon pensé pour une simple télévision doit aujourd’hui alimenter console, box internet, barre de son, chargeurs, parfois même un radiateur d’appoint. En cuisine, le plan de travail se transforme en station d’accueil pour robot pâtissier, cafetière, bouilloire, plaque à induction portable ou friteuse électrique.
Les multiprises semblent au départ une solution pratique, mais elles masquent souvent une vraie faiblesse de l’installation. Lorsqu’elles s’empilent, que plusieurs gros appareils fonctionnent sur la même ligne et que le disjoncteur se met à déclencher régulièrement, il ne s’agit plus d’un simple inconfort : c’est un signal d’alerte. Les conseils dédiés au diagnostic d’un disjoncteur qui se déclenche rappellent à quel point surcharge et mauvais dimensionnement peuvent mettre l’installation à rude épreuve.
Un exemple très parlant : dans une petite cuisine rénovée rapidement, une seule prise au-dessus du plan de travail alimente multiprise, cafetière, grille-pain et bouilloire. Le dimanche matin, tout démarre en même temps et la rallonge commence à chauffer, coincée derrière le micro-ondes. Ce type de scène, très courant, montre pourquoi créer une ou deux prises supplémentaires, correctement raccordées, change radicalement la donne. C’est plus sûr, plus confortable, et souvent plus esthétique qu’une forêt de câbles qui traîne près de la crédence.
Pour y voir clair, une petite cartographie du logement peut aider. Dans chaque pièce, la famille de Louise, par exemple, a listé les zones sous-équipées : coin TV, coin bureau, tête de lit, buanderie. Dans chacun de ces secteurs, la question systématique a été : quels appareils sont branchés en même temps et pour combien de temps ? Ce simple inventaire a permis d’anticiper des usages futurs, comme l’ajout d’un bureau pour un second télétravailleur ou une prise extérieure pour lampe et détecteur de mouvement près de la terrasse, en s’inspirant de solutions détaillées autour du détecteur de mouvement pour lampe extérieure.
Les pièces humides demandent une attention accrue. La proximité de l’eau multiplie les risques, d’où l’importance de garder une distance raisonnable entre prises et robinets ou douche, même sans dérouler tout le texte normatif. Garder au minimum quelques dizaines de centimètres de marge et éviter toute exposition directe aux éclaboussures est un réflexe indispensable. Dans une salle de bains, la prise utilisée pour un sèche-cheveux ou un rasoir doit toujours être éloignée du bord de la baignoire ou de la douche, même si un différentiel 30 mA est présent.
L’installation de prises peut aussi s’inscrire dans une réflexion plus large sur la rénovation du logement. Lorsqu’un propriétaire entreprend de réagencer une pièce, de changer les sols, voire d’ouvrir une cloison, repenser l’implantation électrique fait partie du travail global. Les projets menés en autonomie, comme ceux décrits dans les retours d’expérience sur le fait de rénover une maison en solo, montrent que bien placer ses prises participe directement au confort ressenti, mais aussi à la valorisation immobilière.
Un réseau de prises réfléchi rend le logement plus agréable, plus fonctionnel et plus rassurant. C’est souvent un des petits détails qui pèsent dans une estimation, au même titre qu’une bonne toiture ou une salle de bains récente. Les analyses dédiées aux travaux qui améliorent la plus-value immobilière rappellent d’ailleurs que l’actualisation de l’installation électrique fait partie des atouts mis en avant lors des diagnostics. Un simple ajout de prise, bien fait et bien pensé, s’inscrit donc dans une stratégie globale : moins de stress au quotidien, plus de sécurité, et une maison qui tient la route face aux usages modernes.
Au terme de cette réflexion, une chose apparaît nettement : installer une prise électrique n’est pas un geste isolé, mais la réponse logique à des besoins concrets dans chaque zone de la maison.

Préparer une installation de prise électrique en toute sécurité
Une fois les besoins identifiés, place à la préparation. Installer une prise électrique chez soi sans tracas commence toujours par une étape non négociable : la sécurité. Un chantier bien préparé ressemble à une recette de cuisine réussie : tous les ingrédients sont sur la table, rien ne manque, et on ne court pas partout avec un tournevis dans une main et une lampe dans l’autre. Dans le cas d’une prise, les “ingrédients” sont le matériel, les outils et un environnement de travail clair.
La première action consiste à couper le courant. Le plus sûr est de se rendre au tableau électrique et d’abaisser soit le disjoncteur général, soit le disjoncteur du circuit concerné. Mais la coupure ne suffit jamais à elle seule : il faut vérifier l’absence de tension avec un testeur ou un voltmètre fiable, directement sur les fils qui seront manipulés. Ce double contrôle évite la mauvaise surprise du conducteur encore alimenté, notamment dans les installations anciennes où certaines lignes ont été modifiées sans être correctement étiquetées.
Une fois la coupure sécurisée, l’espace de travail doit être dégagé. Rien de pire qu’une échelle bancale coincée entre un canapé et une table basse. On retire les meubles proches, on protège le sol si le mur va être percé, et on prévoit un éclairage suffisant, surtout si le disjoncteur général a été coupé. Cette préparation évite les gestes maladroits et les accidents bêtes.
Du côté du matériel, quelques outils suffisent pour la plupart des interventions :
- Un tournevis plat et un cruciforme isolés, adaptés aux vis de la prise et du boîtier.
- Une pince à dénuder pour retirer proprement l’isolant sans blesser le cuivre.
- Une pince coupante pour ajuster la longueur des fils si nécessaire.
- Un niveau à bulle afin de positionner le boîtier et le mécanisme parfaitement droits.
- Un testeur de tension pour vérifier l’absence ou la présence de courant.
- Une scie-cloche ou une scie Ă cloisons selon la nature du mur.
- Un détecteur de câbles, très utile pour repérer les gaines existantes dans les cloisons fines.
Le choix entre prise encastrée et prise en saillie se décide ici. Dans un séjour fraîchement peint ou une chambre d’enfant, l’encastré s’impose la plupart du temps pour un rendu propre. Dans un garage, une cave ou un atelier, la prise en saillie fait parfaitement l’affaire et évite de transformer un mur en gruyère. L’essentiel est que le boîtier soit solidement fixé, sans jeu, et dimensionné pour accueillir les fils sans les écraser.
La préparation englobe aussi la réflexion sur le circuit utilisé. Un disjoncteur de 16 A relié à un câble de 1,5 mm² supporte un certain nombre de prises, mais pas une infinité d’appareils gourmands. Dans une buanderie déjà équipée d’un lave-linge, d’un sèche-linge et d’un congélateur, ajouter une prise pour un radiateur soufflant peut vite surcharger la ligne. Les recommandations pratiques mises en avant dans les contenus consacrés aux réparations et à la sécurisation d’une maison rappellent qu’un circuit ne doit jamais être rempli à ras bord, sous peine d’échauffement et de déclenchements intempestifs.
Pour mieux visualiser les options de pose, un tableau récapitulatif aide à comparer les solutions les plus courantes.
| Type de pose | Contexte idéal | Avantages principaux | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Prise encastrée | Pièces de vie, chambres, couloirs | Esthétique, peu encombrante, intégrée au mur | Nécessite un perçage propre et assez profond, gestion de la poussière |
| Prise en saillie | Garage, atelier, cave, mur très dur | Pose rapide, entretien facile, câbles accessibles | Aspect plus massif, risque de choc si mal positionnée |
| Repiquage sur prise existante | Ajout d’une prise voisine dans la même pièce | Limite le tirage de câbles, chantier léger | Capacité du circuit à vérifier, risque de surcharge si mal évalué |
Certains propriétaires profitent de cette phase de préparation pour faire un point plus large sur l’état global de leur installation électrique, notamment lorsqu’un diagnostic immobilier approche. Les guides consacrés aux diagnostics immobiliers récents soulignent que la conformité et la lisibilité du tableau, la présence de la terre et la qualité des protections différentielles sont scrutées de près. Une prise bien préparée s’inscrit naturellement dans une installation plus cohérente et mieux protégée.
Bien préparée, la pose d’une prise ressemble donc moins à une opération stressante qu’à un simple enchaînement logique de gestes réfléchis.
Identifier les fils électriques et choisir la bonne méthode de raccordement
L’étape suivante pour installer une prise électrique sereinement consiste à bien comprendre ce qui se passe dans la gaine. Une fois le courant coupé et l’absence de tension vérifiée, tout se joue sur l’identification des fils et sur le choix de la méthode de raccordement. Le code couleur utilisé dans les installations récentes est heureusement simple à retenir, mais il reste indispensable de le respecter à la lettre.
En règle générale, le fil bleu correspond au neutre, le fil marron ou rouge correspond à la phase et le fil vert/jaune est la terre. Ce dernier ne doit jamais être négligé, même si certains anciens logements présentent encore des prises sans terre dans les chambres ou les salons. Dès qu’un conducteur de terre est présent dans la gaine, il doit être relié à la borne dédiée de la prise, sans exception. C’est lui qui permet aux dispositifs différentiels du tableau de détecter une fuite de courant et de couper rapidement l’alimentation en cas de défaut.
Plusieurs scénarios se présentent au moment d’ajouter une prise :
- Remplacement simple d’une prise abîmée ou dépassée, sans modification du circuit.
- Repiquage sur une prise existante pour ajouter un point de branchement à proximité.
- Création d’un nouveau point de prise avec tirage de câbles depuis une boîte de dérivation ou le tableau.
Le remplacement simple est souvent le meilleur terrain d’apprentissage. Il suffit de démonter l’ancienne prise, de repérer quelles bornes étaient utilisées pour la phase, le neutre et la terre, puis de reconnecter les fils de la même manière sur le nouveau mécanisme. À cette occasion, un contrôle visuel de l’état des conducteurs permet de repérer une gaine abîmée, un cuivre noircit ou un domino fatigué.
Le repiquage permet d’ajouter une prise à partir d’une autre déjà présente sur le même circuit. On prolonge alors la phase, le neutre et la terre à l’aide de fils de même section (souvent 1,5 mm² pour un circuit prises classique). Il faut veiller à laisser suffisamment de longueur de fil pour travailler confortablement, sans les tendre à l’excès. Les connexions doivent se faire avec des bornes adaptées ou des dominos correctement serrés ; un fil mal serré, c’est une étincelle potentielle lors du passage du courant et un échauffement localisé à la clé.
La création d’un nouveau point de prise à partir d’une boîte de dérivation ou du tableau est plus technique. Le cheminement des gaines, le perçage de cloisons, le respect des hauteurs réglementaires et le dimensionnement de la ligne font basculer l’opération dans un registre professionnel. Dans ce cas, faire appel à un spécialiste expérimenté, en suivant par exemple des conseils pour trouver un artisan fiable pour ses travaux, peut éviter des erreurs coûteuses et parfois invisibles à court terme.
Cette étape d’identification et de choix de méthode est aussi l’occasion de remettre à plat certains bricolages hasardeux. Des prises ajoutées “à la va-vite”, des rallonges dissimulées dans des coffrages ou des connexions cachées dans des cavités de murs peuvent transformer une maison en piège silencieux. Un contrôle systématique des boîtes de dérivation accessibles, une vérification des connexions et une remise à niveau progressive sécurisent durablement l’installation.
Pour beaucoup de foyers, l’évolution des équipements de cuisine ou de bureautique a accéléré ces besoins. Par exemple, l’arrivée de plaques portables ou de petits appareils performants, comme certaines plaques à induction abordables que l’on retrouve dans des analyses de produits de type table de cuisson à induction entrée de gamme, augmente la consommation ponctuelle sur un même circuit. D’où l’intérêt de s’assurer que la ligne supporte bien cette montée en puissance avant d’ajouter encore une prise sur la même boucle.
Une bonne identification des fils et une méthode de raccordement cohérente transforment un simple ajout de prise en une amélioration nette de la sécurité électrique.
Installer une prise électrique étape par étape, sans stress
Lorsque tout est clarifié – besoins, sécurité, type de prise, circuit – l’installation elle-même devient une suite de gestes précis. Installer une prise électrique sans tracas, c’est dérouler ces étapes calmement, sans sauter d’étape, comme on suit un plan de montage pour un meuble, mais avec plus d’attention à la sécurité. Une famille qui vient de rénover sa cuisine raconte souvent que leur plus grande surprise a été de voir à quel point le travail est fluide quand tout est anticipé.
La première phase consiste à préparer l’emplacement. On commence par tracer au crayon le contour du boîtier d’encastrement à la hauteur souhaitée, en s’aidant d’un niveau à bulle pour garantir l’horizontalité. Dans un salon, aligner les prises avec une plinthe ou avec d’autres appareillages existants évite les décalages visuels. Sur un plan de travail de cuisine, la hauteur doit rester pratique pour brancher appareils et chargeurs sans avoir à se contorsionner.
Vient ensuite la découpe du logement : avec une scie-cloche sur cloison en plaque de plâtre, ou avec un outil plus robuste sur un mur en brique ou en parpaing. L’idée est d’obtenir une ouverture nette, ni trop grande ni trop étroite. Un boîtier qui flotte dans le mur, c’est une prise qui bougera à chaque branchement. Une fois la cavité créée, on enlève soigneusement les gravats et la poussière pour que le boîtier repose sur une base bien propre.
Les fils sont alors amenés dans le boîtier via la gaine ou les entrées prévues à cet effet. La longueur disponible doit permettre de travailler aisément, en laissant une petite réserve de conducteur pour de futurs ajustements si nécessaire. On dénude ensuite chaque fil sur environ un centimètre, en veillant à ne pas blesser le cuivre. Un conducteur marqué par la pince doit être coupé et dénudé à nouveau.
Le branchement suit une logique très simple :
- Le fil bleu (neutre) se connecte sur la borne marquée N.
- Le fil marron ou rouge (phase) se connecte sur la borne marquée L.
- Le fil vert/jaune (terre) se connecte sur la borne de terre, souvent symbolisée par un pictogramme.
Chaque vis de serrage doit être resserrée fermement, mais sans forcer au point d’abîmer le conducteur. Un test consiste à tirer légèrement sur chaque fil : s’il reste bien en place, le contact est bon. Le cuivre ne doit pas dépasser à nu de la borne, sous peine de risque de contact accidentel avec une partie métallique voisine.
Une fois les fils connectés, on replie délicatement les conducteurs dans la boîte, sans les coincer ni les tordre brutalement. Le mécanisme de la prise se fixe ensuite dans le boîtier à l’aide des vis ou des griffes prévues. Un dernier contrôle au niveau à bulle permet d’assurer que l’ensemble est bien droit. Il ne reste plus qu’à poser la plaque de finition, souvent clipsée, pour obtenir un rendu propre.
Pour garder en tête l’ordre logique des actions, un petit tableau de suivi peut aider.
| Phase de travail | Geste à réaliser | Vérification essentielle |
|---|---|---|
| Préparation du mur | Tracer, percer, nettoyer l’ouverture | Boîtier correctement ajusté, pas de jeu excessif |
| Passage des fils | Amener les conducteurs dans la boîte | Longueur suffisante, gaines intactes |
| Branchement | Connecter neutre, phase et terre | Fils bien serrés, aucun cuivre apparent |
| Fixation | Visser le mécanisme, poser la plaque | Prise stable, alignement visuel correct |
Dans une prise en saillie, le principe est identique, mais le boîtier se fixe directement sur le mur avec des chevilles et des vis. Les câbles en apparent sont ensuite protégés dans des goulottes rigides, fixées elles aussi solidement. Cette solution est appréciée dans un garage ou un abri de jardin où l’on prévoit de brancher des outils ou une tondeuse électrique.
Pour les maisons équipées de systèmes de sécurité ou de volets automatiques, un raccordement mal maîtrisé peut perturber d’autres éléments de l’installation. Des conseils concernant la manière de gérer une alarme incendie capricieuse ou de moderniser des équipements comme des volets solaires récents rappellent qu’un réseau domestique bien organisé évite les interactions indésirables. Une prise installée avec soin participe à cette cohérence d’ensemble.
Un montage propre, ordonné et bien fixé assure non seulement un bon fonctionnement immédiat, mais aussi une meilleure tenue dans le temps.
Tester, sécuriser et entretenir sa nouvelle prise électrique
La dernière étape pour installer une prise électrique chez soi sans tracas ne se voit pas forcément à l’œil nu, mais elle fait toute la différence. Une fois le disjoncteur réarmé, il ne suffit pas de brancher un appareil et de se réjouir que “ça marche”. Il faut vérifier que la prise fonctionne correctement, sans signe de faiblesse, et adopter de bonnes habitudes pour l’utiliser sur la durée sans la sursolliciter.
Le premier geste consiste à mesurer la tension avec un testeur adapté. Deux pointes insérées dans les alvéoles de la prise doivent afficher une valeur proche de 230 V. Ce contrôle simple valide le bon raccordement de la phase et du neutre. Dans un second temps, on branche un petit appareil à faible puissance – une lampe de chevet ou un chargeur de téléphone – pour un premier essai. Ce test en douceur limite les risques en cas d’erreur de câblage.
Pendant les premières minutes d’utilisation, l’oreille et le nez sont de bons alliés. Aucun grésillement, aucun petit claquement suspect ne doit se faire entendre. De la même manière, aucune odeur de chaud ou de plastique ne doit se dégager. Un léger contrôle manuel consiste à poser la main sur la plaque de la prise après quelques minutes : elle doit rester à température ambiante. Une tiédeur légère est tolérable, mais une chaleur franche signale un problème de serrage ou de surcharge.
Les principaux symptômes à surveiller peuvent se résumer ainsi :
- Disjoncteur qui saute dès la remise sous tension : probabilité élevée de court-circuit ou de fils en contact.
- Décrochage du disjoncteur après quelques minutes d’utilisation : surcharge ou échauffement progressif sur la ligne.
- Prise chaude au toucher : vis de borne mal serrée, conducteur endommagé ou appareil trop gourmand.
En cas de comportement anormal, la réponse doit être immédiate : couper le courant, rouvrir la prise et vérifier chaque connexion. S’acharner à réenclencher un disjoncteur qui tombe à répétition sans comprendre l’origine du problème est la meilleure manière de fatiguer le matériel et d’ignorer un défaut réel. Les ressources consacrées au renforcement de la sécurité dans la maison insistent sur ce point : un déclenchement n’est jamais un simple caprice, mais un signal à interpréter.
Sur le long terme, l’entretien d’une prise se joue surtout dans la manière de l’utiliser. Empiler les adaptateurs, brancher une multiprise sur une autre ou alimenter plusieurs gros appareils (radiateur, sèche-linge, plaque de cuisson portable) sur un même point de branchement fragilise l’ensemble du circuit. Une installation bien pensée préfère plusieurs prises bien réparties à une seule saturée. Cela vaut pour un coin bureau comme pour une buanderie.
La famille de Louise, après avoir réaménagé son salon, en a profité pour revoir l’ensemble de sa distribution électrique. En ajoutant quelques prises stratégiques au lieu d’empiler les blocs multiprises derrière le meuble TV, elle a réduit le risque de surchauffe et simplifié l’accès à chaque câble. Ce type de décision, modeste en apparence, s’inscrit dans une vision plus large de la maison : un lieu où chaque équipement – de la prise murale au système d’alarme – fonctionne de manière claire et prévisible.
Lorsque la maison se modernise avec des équipements plus connectés, des protections supplémentaires comme des parafoudres, des onduleurs pour le bureau ou des prises commandées à distance peuvent compléter le dispositif. L’important est de garder la maîtrise de son installation, de savoir où passent les lignes principales et de pouvoir intervenir rapidement en cas de souci.
Une prise bien testée et utilisée avec bon sens devient un point d’appui discret mais quotidien pour l’ensemble du confort domestique.
Peut-on installer une prise électrique soi-même en toute sécurité ?
Oui, à condition de respecter scrupuleusement les règles de sécurité : couper l’alimentation au tableau, vérifier l’absence de tension avec un testeur, travailler dans un environnement sec et utiliser uniquement du matériel conforme. Les opérations simples comme le remplacement d’une prise ou l’ajout par repiquage sur un circuit récent sont à la portée d’un bricoleur soigneux. En revanche, dès qu’il s’agit de créer une nouvelle ligne, de modifier le tableau ou d’intervenir sur une installation ancienne mal identifiée, l’intervention d’un électricien qualifié est vivement recommandée.
Comment choisir entre prise encastrée et prise en saillie ?
La prise encastrée convient parfaitement aux pièces de vie, aux chambres et à toute zone où l’esthétique compte : elle s’intègre dans le mur et reste discrète. Elle nécessite cependant un perçage plus important et un boîtier adapté. La prise en saillie se fixe en surface, généralement dans les garages, ateliers ou caves ; elle se pose plus rapidement, surtout sur des murs très durs ou déjà habillés, mais reste plus visible et légèrement plus encombrante. Le choix dépend donc du support, du niveau de finition attendu et de l’accessibilité du chantier.
Comment savoir si le circuit accepte une prise supplémentaire ?
Avant d’ajouter une prise, il faut vérifier le calibre du disjoncteur protégeant le circuit, la section des fils (souvent 1,5 mm² pour un disjoncteur 16 A sur un circuit de prises) et la puissance déjà utilisée par les appareils branchés sur cette ligne. Si le disjoncteur se déclenche déjà régulièrement ou si plusieurs gros consommateurs (lave-linge, sèche-linge, radiateur, plaque portable) partagent la même protection, il vaut mieux éviter d’ajouter encore une prise. Dans le doute, un contrôle par un professionnel permet de confirmer si un nouveau circuit dédié est préférable.
Pourquoi le fil de terre est-il indispensable sur une prise moderne ?
Le fil de terre joue un rôle central dans la sécurité des personnes. En cas de défaut d’isolement ou de fuite de courant sur un appareil relié à la terre, ce conducteur offre un chemin de fuite contrôlé vers le sol. Les dispositifs différentiels du tableau détectent alors cette anomalie et coupent l’alimentation en une fraction de seconde, évitant l’électrisation de l’utilisateur. C’est pourquoi, dès qu’un fil de terre est présent dans la gaine, il doit être systématiquement raccordé à la borne correspondante de la prise, sans jamais être laissé en attente.
Que faire si la nouvelle prise chauffe ou dégage une odeur de brûlé ?
Il faut couper immédiatement le courant au disjoncteur du circuit ou au général et cesser d’utiliser la prise. Ensuite, le démontage de la prise permet de vérifier l’état des conducteurs : fil mal serré, cuivre noircit, gaine fondue ou borne abîmée sont des signes d’échauffement sérieux. Si le problème n’est pas clairement identifié, ou si plusieurs éléments semblent touchés, la meilleure solution est de faire intervenir un électricien pour remettre la ligne en conformité et remplacer les parties endommagées. Dans tous les cas, ne jamais ignorer un échauffement ou une odeur suspecte.


