Potager : Comment utiliser la bouillie bordelaise sur les tomates, dosage optimal et fréquence maßtrisée

Dans bien des jardins, les tomates sont les reines du potager
 et le mildiou, leur pire ennemi. Quand chaleur, humiditĂ© et feuillage serrĂ© se combinent, les taches brunĂątres peuvent ruiner des semaines de soins en quelques jours. La bouillie bordelaise, ce mĂ©lange Ă  base de cuivre, reste une alliĂ©e prĂ©cieuse pour limiter les dĂ©gĂąts, Ă  condition de l’utiliser comme un outil prĂ©cis, pas comme une bombe Ă  tout faire. L’enjeu est double : protĂ©ger les plants sans brĂ»ler les feuilles, et garder un sol vivant qui continuera Ă  nourrir les cultures des annĂ©es suivantes.

Dans les potagers familiaux, la diffĂ©rence se joue souvent sur des dĂ©tails concrets : un dosage bien pesĂ©, une pulvĂ©risation fine plutĂŽt qu’un arrosage bleu, des traitements dĂ©clenchĂ©s au bon moment au lieu d’un calendrier rigide. Autrement dit, le bon sens d’atelier appliquĂ© au jardin. En comprenant pourquoi le cuivre agit, comment la mĂ©tĂ©o influence la frĂ©quence et par quels gestes simples on limite le risque de mildiou, il devient possible d’avoir de belles rĂ©coltes sans transformer le terrain en laboratoire. Entre prĂ©vention “intelligente” et observations rĂ©guliĂšres, chaque jardinier peut trouver sa propre routine maĂźtrisĂ©e.

En bref

  • Dosage prĂ©ventif conseillĂ© : environ 10 g de bouillie bordelaise par litre d’eau pour des tomates saines, avec un film fin sur le feuillage, sans ruissellement.
  • FrĂ©quence raisonnable : un passage toutes les deux semaines en pĂ©riode humide Ă  risque, en Ă©vitant tout traitement systĂ©matique par temps sec et ventilĂ©.
  • Moment idĂ©al : feuillage bien sec, en matinĂ©e aprĂšs la rosĂ©e ou en fin de journĂ©e, hors fortes chaleurs et sans vent marquĂ©.
  • PrĂ©caution avant rĂ©colte : arrĂȘt des applications au moins 21 jours avant la cueillette des tomates, avec lavage soigneux des fruits.
  • PrĂ©vention durable : espacement des plants, paillage, arrosage au pied et rotation des cultures pour rĂ©duire fortement le recours au cuivre.

Dosage de la bouillie bordelaise sur les tomates : trouver le bon équilibre

La question revient tous les ans au jardin : combien de grammes de bouillie bordelaise par litre d’eau pour protĂ©ger les tomates sans les abĂźmer ? Ce produit agit par contact en formant un film protecteur sur le feuillage, il ne circule pas dans la sĂšve. Autrement dit, ce n’est pas la peine de charger le pulvĂ©risateur “pour ĂȘtre tranquille”. Un peu comme pour un enduit de finition : une couche rĂ©guliĂšre, c’est efficace ; une couche double, c’est lourd et rarement plus solide.

Pour des tomates en bonne santĂ©, dĂ©jĂ  bien installĂ©es, un dosage de 10 g de poudre pour 1 L d’eau constitue une base sĂ©rieuse. Cette concentration suffit Ă  crĂ©er un voile discret sur les deux faces des feuilles, les tiges et les zones basses proches du sol. Inutile de chercher une couleur bleue intense : des feuilles dĂ©goulinantes montrent surtout que le produit est gaspillĂ© et file directement vers la terre, oĂč le cuivre s’accumule.

Quand la météo annonce plusieurs jours chauds et pluvieux, cette dose de 10 g/L reste adaptée en prévention. En revanche, si les premiÚres taches irréguliÚres brun-vert apparaissent sur quelques feuilles, un traitement légÚrement renforcé entre 12 et 15 g/L peut se justifier, à condition de retirer au préalable les parties déjà trÚs atteintes. Au-delà, monter encore la concentration ne rattrape pas un mildiou déjà installé en profondeur, mais augmente le risque de brûlures sur jeunes pousses.

Le cas de Marc, propriĂ©taire d’un petit jardin de banlieue, illustre bien l’erreur classique. En voyant la pluie revenir trois week-ends de suite, il a doublĂ© la dose “pour ĂȘtre sĂ»r”. RĂ©sultat : bords des feuilles brunis, croissance ralentie et sol surchargĂ© en cuivre au bout de deux saisons. En repassant Ă  10 g/L, en espaçant ses plants et en installant un paillage propre, il a rĂ©duit les traitements et retrouvĂ© des pieds de tomates beaucoup plus vigoureux.

Pour Ă©viter les approximations, une simple balance de cuisine dĂ©diĂ©e au jardin est beaucoup plus fiable qu’une cuillĂšre. Selon la granulomĂ©trie de la poudre, une cuillĂšre bombĂ©e peut varier de plusieurs grammes. Or, sur une base de 10 g/L, cette diffĂ©rence suffit Ă  passer d’une dose raisonnable Ă  une concentration agressive, surtout sur des feuillages jeunes ou dĂ©jĂ  fragilisĂ©s par la chaleur.

Une fois la quantitĂ© dĂ©terminĂ©e, la prĂ©paration demande aussi un minimum de mĂ©thode. D’abord, bien s’équiper : gants impermĂ©ables, lunettes fermĂ©es, masque anti-poussiĂšre, vĂȘtements couvrants. Ensuite, dĂ©layer la poudre dans un petit volume d’eau tiĂšde, par exemple 200 ml, dans un rĂ©cipient en plastique ou en verre, en mĂ©langeant jusqu’à disparition des grumeaux. Ce “lait bleu” est ensuite versĂ© dans le pulvĂ©risateur, complĂ©tĂ© avec la quantitĂ© d’eau froide nĂ©cessaire, puis agitĂ© avant usage.

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Pour des petits potagers ou des dĂ©butants, un tableau de dosage permet d’y voir clair selon le volume d’eau disponible et le type de traitement.

Volume d’eau Usage prĂ©ventif (10 g/L) Usage curatif lĂ©ger (12 g/L) Surface indicative couverte*
1 L 10 g 12 g ≈ 15–20 mÂČ de tomates
3 L 30 g 36 g ≈ 40–60 mÂČ de tomates
5 L 50 g 60 g ≈ 70–90 mÂČ de tomates

*La surface réelle dépend de la densité du feuillage et du réglage du pulvérisateur.

Dans tous les cas, l’étiquette du produit reste la rĂ©fĂ©rence. Les formulations changent, la teneur en cuivre mĂ©tal varie, et certaines marques imposent des doses ou des nombres de traitements maximum par saison. Avant de verser la poudre dans l’eau, un coup d’Ɠil attentif aux indications Ă©vite bien des excĂšs. Pour aller plus loin sur ces questions de proportions et d’erreurs Ă  ne pas commettre, un guide spĂ©cialisĂ© comme cette ressource consacrĂ©e Ă  la bouillie bordelaise sur tomate permet d’avoir des repĂšres concrets Ă  portĂ©e de main.

Une bouillie bien dosĂ©e, c’est un peu comme une bonne isolation : invisible au premier regard, mais terriblement efficace quand elle est posĂ©e avec prĂ©cision.

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Fréquence de traitement des tomates : adapter la bouillie bordelaise à la météo

Une fois le dosage maĂźtrisĂ©, reste la grande question : Ă  quelle frĂ©quence traiter les tomates Ă  la bouillie bordelaise ? Imaginer un planning fixe, du type “tous les 7 jours”, est tentant, mais souvent contre-productif. Le mildiou ne se dĂ©veloppe pas sur calendrier, il profite d’un trio bien connu : humiditĂ© durable, tempĂ©ratures douces et feuillage qui ne sĂšche jamais vraiment. Lorsque ces conditions ne sont pas rĂ©unies, traiter devient surtout une perte de temps et de cuivre.

Dans un potager bien ensoleillĂ©, avec des rangs espacĂ©s et un sol paillĂ©, les jeunes plants ont d’abord besoin de s’enraciner. Pendant les deux Ă  trois semaines qui suivent la plantation, il est souvent inutile de dĂ©gainer le pulvĂ©risateur si aucune pĂ©riode pluvieuse prolongĂ©e n’est annoncĂ©e. L’observation quotidienne des feuilles, le matin et en fin de journĂ©e, permet de repĂ©rer Ă  temps toute anomalie sans tomber dans le rĂ©flexe automatique.

DĂšs que la pĂ©riode devient humide – alternance de pluies, rosĂ©es Ă©paisses, nuits douces – un rythme raisonnable en prĂ©vention tourne autour de tous les 15 jours avec une solution Ă  10 g/L. Ce repĂšre n’est pas un dogme : sous abri bien ventilĂ©, il est possible d’espacer davantage ; dans une rĂ©gion trĂšs humide, il faudra peut-ĂȘtre rapprocher un peu les passages, tout en gardant la dose modĂ©rĂ©e.

La pluie joue un rĂŽle particulier. Un Ă©pisode de l’ordre de 20 mm peut lessiver une grande partie du film protecteur dĂ©posĂ© sur le feuillage. Pourtant, se prĂ©cipiter le soir mĂȘme pour retraiter est rarement judicieux. Mieux vaut laisser sĂ©cher les feuilles, consulter la mĂ©tĂ©o des 24 Ă  48 heures suivantes et n’intervenir que si une nouvelle sĂ©quence humide est annoncĂ©e. Si une autre averse est prĂ©vue le lendemain, le produit partirait aussitĂŽt au sol.

Le tableau ci-dessous résume quelques situations fréquentes et la réponse adaptée.

Situation au potager Décision conseillée RepÚre pratique
Temps sec, plants vigoureux, feuillage sain Ne pas traiter systématiquement Surveiller, aérer, arroser au pied
Humidité durable, alternance pluie / éclaircies, plants sains Prévention mesurée 10 g/L environ toutes les 2 semaines si besoin
Forte pluie aprÚs une application récente Réévaluer aprÚs séchage complet Ne renouveler que si le risque persiste
PremiĂšres taches de mildiou sur quelques feuilles Éliminer les feuilles touchĂ©es et traiter rapidement 12 Ă  15 g/L si l’étiquette l’autorise
Tomates prĂȘtes Ă  ĂȘtre rĂ©coltĂ©es ArrĂȘter les traitements Respecter au moins 21 jours avant cueillette

Le moment de la journĂ©e compte aussi. Appliquer la bouillie bordelaise sur un feuillage encore mouillĂ© par la rosĂ©e dilue le produit et favorise son ruissellement. En plein aprĂšs-midi, sous un soleil fort, les gouttelettes peuvent accentuer le stress des feuilles, voire provoquer des marques de brĂ»lure. Le compromis idĂ©al se situe gĂ©nĂ©ralement le matin, aprĂšs sĂ©chage de la rosĂ©e, ou en fin d’aprĂšs-midi, par temps calme.

S’ajoute la question du vent, trop souvent nĂ©gligĂ©e. Un souffle soutenu disperse le brouillard de pulvĂ©risation vers les plantes voisines, les herbes aromatiques ou mĂȘme la terrasse du voisin. Pour rester propre et respectueux, mieux vaut patienter quelques heures que d’arroser sans le vouloir la menthe, le basilic ou le vieux rosier du fond du jardin.

Enfin, tenir un petit carnet de bord du potager change rĂ©ellement la donne. Y noter la date du traitement, le dosage utilisĂ©, la mĂ©tĂ©o des jours suivants et l’état des plants permet, en fin de saison, de repĂ©rer ce qui a rĂ©ellement Ă©tĂ© utile. La plupart du temps, les meilleures annĂ©es ne sont pas celles oĂč l’on a le plus traitĂ©, mais celles oĂč l’on a dĂ©clenchĂ© les interventions au bon moment.

Une frĂ©quence bien pensĂ©e, ce n’est donc pas un rythme militaire, mais une rĂ©ponse ajustĂ©e au risque rĂ©el.

Geste d’application sur les tomates : pulvĂ©riser proprement et efficacement

Dosage correct, frĂ©quence ajustĂ©e
 reste Ă  bien manier le pulvĂ©risateur. Avec la bouillie bordelaise, la façon d’appliquer fait autant la diffĂ©rence que la quantitĂ© utilisĂ©e. Comme il s’agit d’un fongicide de contact, chaque surface Ă  protĂ©ger doit recevoir un film lĂ©ger, rĂ©gulier, sans coulure. Imaginer que “plus ça dĂ©gouline, mieux c’est” revient Ă  croire qu’une peinture qui coule sur le sol tiendra mieux sur le mur.

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Un pulvĂ©risateur propre, une buse rĂ©glĂ©e sur une brume fine et une distance de 30 Ă  50 cm du feuillage donnent gĂ©nĂ©ralement un rĂ©sultat homogĂšne. Commencer par les feuilles basses, les plus exposĂ©es aux Ă©claboussures de pluie, puis remonter progressivement en insistant lĂ©gĂšrement sous les feuilles, lĂ  oĂč l’humiditĂ© stagne souvent. Les tiges doivent ĂȘtre couvertes, mais il n’est ni utile ni souhaitable de saturer fleurs et fruits.

Une simple liste de repĂšres aide Ă  garder un geste net :

  • Éviter les gouttes qui ruissellent au bord des feuilles : signe que la dose est excessive.
  • VĂ©rifier les deux faces du feuillage : le dessous des feuilles est souvent le premier touchĂ© par les maladies.
  • Ne pas traiter pendant la pleine floraison, par respect pour les pollinisateurs et pour Ă©viter de gĂȘner la nouaison.
  • Nettoyer le pulvĂ©risateur aprĂšs usage, en rinçant plusieurs fois loin des puits, fossĂ©s ou bouches d’égout.

AprĂšs deux ou trois jours, un coup d’Ɠil aux jeunes pousses permet de vĂ©rifier que la plante a bien tolĂ©rĂ© le traitement. Si les pointes se dessĂšchent, si les feuilles se recroquevillent ou prĂ©sentent de nouvelles taches brunĂątres, il faut suspendre les passages, revoir le dosage et s’interroger sur d’autres causes possibles : coup de chaud, excĂšs d’engrais, arrosage irrĂ©gulier.

Autre rĂ©flexe utile : ne pas oublier la propretĂ© des outils et des dĂ©chets vĂ©gĂ©taux. Des sĂ©cateurs non dĂ©sinfectĂ©s peuvent transporter une maladie d’un plant Ă  l’autre. Les feuilles fortement contaminĂ©es, elles, gagnent Ă  ĂȘtre Ă©vacuĂ©es avec les dĂ©chets verts selon les rĂšgles locales, plutĂŽt que mises au compost, surtout si le tas ne monte pas bien en tempĂ©rature.

Dans les rĂ©gions oĂč les Ă©pisodes de pluie deviennent dĂ©sordonnĂ©s, avec alternance d’orages violents et de longues pĂ©riodes sĂšches, l’observation des effets sur le potager aide Ă  ajuster les gestes. Un couvert vĂ©gĂ©tal qui sĂšche vite, des rangs aĂ©rĂ©s, un arrosage ciblĂ© au pied rĂ©duisent nettement la pression des maladies et donc le besoin de sortir le pulvĂ©risateur.

Un geste maĂźtrisĂ©, prĂ©cis, c’est la clĂ© pour que chaque gramme de bouillie bordelaise serve rĂ©ellement Ă  protĂ©ger les tomates, et non Ă  tacher inutilement le sol ou les abords.

Réduire la bouillie bordelaise grùce à une prévention durable du mildiou

MĂȘme autorisĂ©e en jardinage biologique, la bouillie bordelaise n’est pas un produit anodin. Le cuivre est un mĂ©tal qui se dĂ©pose dans le sol et n’en disparaĂźt pas comme un simple paillage de feuilles mortes. À force de traitements rĂ©pĂ©tĂ©s, il peut perturber la microfaune, en particulier les vers de terre et les micro-organismes qui structurent la terre et nourrissent les racines. D’oĂč l’intĂ©rĂȘt de tout faire pour diminuer le nombre de passages avant mĂȘme de penser aux dosages.

La premiĂšre barriĂšre se joue au moment de la conception du potager. Les tomates adorent le soleil mais dĂ©testent l’air Ă©touffant. Les aligner serrĂ©es contre un mur plein sud sans espace de circulation, c’est un peu comme fermer toutes les fenĂȘtres d’une maison en Ă©tĂ© : la moindre humiditĂ© met longtemps Ă  s’évacuer. Un plan de potager bien conçu pour maximiser les rĂ©coltes pense dĂšs le dĂ©part l’orientation, l’espacement et la cohabitation des cultures.

Ensuite vient la rotation. Replanter tomates ou pommes de terre exactement au mĂȘme endroit annĂ©e aprĂšs annĂ©e entretient une “mĂ©moire des maladies” dans le sol et les dĂ©bris vĂ©gĂ©taux. Changer d’emplacement sur un cycle de trois ou quatre ans, ou au minimum renouveler le mĂ©lange de terre dans les bacs, rĂ©duit sensiblement la pression de mildiou et d’autres champignons. MĂȘme dans un petit jardin, alterner avec d’autres familles de plantes (lĂ©gumes-feuilles, lĂ©gumineuses, racines) allĂšge l’addition.

Le choix des variĂ©tĂ©s compte Ă©galement. Certaines lignĂ©es modernes affichent une meilleure tolĂ©rance au mildiou. Elles ne sont pas invincibles, mais tiennent souvent un peu plus longtemps lors d’étĂ©s humides. MĂ©langer plusieurs types de tomates – cerises, cocktail, variĂ©tĂ©s anciennes, calibres pour sauce – rĂ©partit le risque et Ă©vite qu’une seule variĂ©tĂ© trĂšs sensible fasse chuter toute la production.

Enfin, le sol lui-mĂȘme mĂ©rite une attention de fond. Un terrain vivant, nourri rĂ©guliĂšrement avec du compost mĂ»r, un apport raisonnable de fertilisants organiques et un paillage bien gĂ©rĂ© produit des plantes Ă©quilibrĂ©es. À l’inverse, une surdose d’azote crĂ©e un feuillage trĂšs tendre, exubĂ©rant, qui attire toutes les galĂšres : mildiou, oĂŻdium, pucerons. Au potager comme sur un chantier, la surenchĂšre ne rime pas avec durabilitĂ©.

Le cuivre n’est pas toujours la bonne rĂ©ponse Ă  tous les soucis. Face Ă  un oĂŻdium poudreux sur les feuilles, par exemple, le soufre (toujours en suivant strictement son Ă©tiquette) peut se rĂ©vĂ©ler plus adaptĂ©, avec des prĂ©cautions liĂ©es Ă  la tempĂ©rature. Pour une prĂ©vention douce, certains jardiniers utilisent des dĂ©coctions de prĂȘle, des extraits fermentĂ©s ou des solutions Ă  base de bicarbonate, en gardant Ă  l’esprit que leur efficacitĂ© reste modĂ©rĂ©e et dĂ©pend beaucoup de la rĂ©gularitĂ© d’application.

L’essentiel est d’éviter les mĂ©langes “maison” hasardeux : bouillie bordelaise + soufre + extrait vĂ©gĂ©tal dans le mĂȘme pulvĂ©risateur, c’est l’équivalent chimique d’un cocktail sans recette. Chaque substance a ses rĂšgles d’usage, ses compatibilitĂ©s et ses limites. Empiler les produits sans diagnostic prĂ©cis fragilise plus qu’autre chose.

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Accepter aussi une part de feuilles imparfaites fait partie d’une dĂ©marche durable. Quelques taches ici ou lĂ  sur des plants globalement vigoureux ne remettent pas en cause la rĂ©colte. L’important est que les nouvelles pousses restent bien vertes, que les tiges soient saines et que les grappes de tomates se dĂ©veloppent. Chercher un feuillage “de catalogue” mĂšne souvent Ă  traiter davantage que nĂ©cessaire.

Moins de bouillie bordelaise, mais mieux utilisĂ©e, c’est finalement le meilleur compromis pour concilier beaux paniers de tomates, sol vivant et potager serein annĂ©e aprĂšs annĂ©e.

Sécurité, délai avant récolte et bonnes pratiques avec la bouillie bordelaise tomate

Dernier volet, et pas des moindres : la sĂ©curitĂ© pour les personnes et les rĂ©coltes. La poudre de bouillie bordelaise peut irriter les yeux, la peau et les voies respiratoires. Les particules sont trĂšs fines et faciles Ă  inhaler au moment du dosage, surtout si le vent s’en mĂȘle. PrĂ©parer la solution dehors, en Ă©loignant enfants et animaux domestiques, est un minimum de prĂ©caution.

Le port de gants rĂ©sistants aux produits, de lunettes couvrantes, d’un masque type FFP2 et de vĂȘtements Ă  manches longues limite les contacts inutiles. Pendant la prĂ©paration et la pulvĂ©risation, il vaut mieux s’abstenir de boire, manger ou fumer. Une fois le travail terminĂ©, un lavage soigneux des mains, des avant-bras et, si besoin, du visage, permet de refermer proprement la parenthĂšse “traitement”.

Du cĂŽtĂ© des tomates elles-mĂȘmes, deux rĂšgles sont Ă  retenir. D’abord, respecter un dĂ©lai d’arrĂȘt d’au moins 21 jours entre le dernier traitement et la rĂ©colte, sauf indication diffĂ©rente sur l’étiquette. Ensuite, laver systĂ©matiquement les fruits Ă  l’eau claire avant consommation. Cette habitude est valable pour tous les lĂ©gumes du potager, mĂȘme sans traitement : poussiĂšre, terre, fientes d’oiseaux ou polluants peuvent s’accumuler Ă  la surface.

La floraison est une période sensible. Les abeilles, bourdons et autres pollinisateurs viennent y travailler quotidiennement. Traiter à ce moment-là, surtout en plein jour, revient à les mettre directement en contact avec le brouillard de pulvérisation. Mieux vaut concentrer les applications avant la pleine floraison ou entre deux vagues, en ciblant les feuilles et en évitant les fleurs autant que possible.

Autre point souvent nĂ©gligĂ© : la gestion des restes de prĂ©paration. Une solution de bouillie bordelaise ne se conserve pas pour “la prochaine fois”. Elle doit ĂȘtre utilisĂ©e le jour mĂȘme, idĂ©alement dans les heures qui suivent la prĂ©paration. Verser un reste dans l’évier, les toilettes ou un caniveau envoie directement du cuivre vers les rĂ©seaux ou les milieux aquatiques. L’idĂ©al est tout simplement de prĂ©parer juste ce qu’il faut, quitte Ă  refaire un litre si nĂ©cessaire.

Pour y parvenir, il est utile de connaĂźtre ses surfaces et ses besoins habituels. Une rangĂ©e d’une dizaine de tomates bien conduites consomme souvent entre 1 et 2 litres de solution pour un traitement propre. Comme sur un chantier bien organisĂ©, quelques mesures et notes suffisent Ă  Ă©viter gaspillage, improvisations et surdosage.

Enfin, garder un Ɠil sur les Ă©volutions rĂ©glementaires est devenu indispensable. La liste des produits autorisĂ©s, les doses maximales de cuivre et les conditions d’utilisation peuvent changer. L’étiquette du produit effectivement achetĂ© fait foi : type de cultures, nombre de passages autorisĂ©s, dĂ©lai avant rĂ©colte. Il ne s’agit pas seulement de conformitĂ©, mais aussi de bon sens pour la santĂ© de la famille et celle du jardin.

En associant ces prĂ©cautions Ă  un dosage ajustĂ©, une frĂ©quence adaptĂ©e et une bonne prĂ©vention culturale, la bouillie bordelaise retrouve sa place : un coup de pouce ponctuel, maĂźtrisĂ©, au service d’un potager vivant plutĂŽt qu’une bĂ©quille permanente.

Quel est le dosage idéal de bouillie bordelaise pour des tomates saines ?

Pour une protection prĂ©ventive sur des tomates en bonne santĂ©, un dosage d’environ 10 g de bouillie bordelaise par litre d’eau offre un bon compromis entre efficacitĂ© et respect du feuillage. Cette concentration permet de dĂ©poser un film lĂ©ger sur les feuilles et les tiges sans provoquer de brĂ»lures ni surcharger le sol en cuivre. En cas de tout premiers symptĂŽmes de mildiou, un lĂ©ger renforcement entre 12 et 15 g/L peut ĂȘtre envisagĂ©, uniquement si l’étiquette du produit l’autorise.

À quel rythme appliquer la bouillie bordelaise sur les tomates ?

En pĂ©riode humide favorable au mildiou, un passage toutes les deux semaines avec une solution dosĂ©e Ă  10 g/L est en gĂ©nĂ©ral suffisant pour des tomates bien conduites. Par temps sec et ventilĂ©, il n’est pas nĂ©cessaire de traiter systĂ©matiquement : la surveillance du feuillage et la bonne aĂ©ration des rangs deviennent prioritaires. AprĂšs une forte pluie, il convient d’attendre le sĂ©chage complet des feuilles, de vĂ©rifier la mĂ©tĂ©o Ă  venir et de ne renouveler le traitement que si un nouveau risque important est annoncĂ©.

Peut-on utiliser la bouillie bordelaise quand les tomates portent déjà des fruits ?

Oui, la bouillie bordelaise peut ĂȘtre utilisĂ©e sur des tomates dĂ©jĂ  en fruit, Ă  condition que le produit soit explicitement autorisĂ© pour cette culture et que le dĂ©lai avant rĂ©colte soit strictement respectĂ©. Il est conseillĂ© d’arrĂȘter les traitements au moins 21 jours avant la cueillette prĂ©vue et de laver soigneusement les tomates Ă  l’eau claire avant de les consommer. Plus on approche de la rĂ©colte, plus il est prĂ©fĂ©rable de miser sur l’aĂ©ration du feuillage, le retrait des feuilles atteintes et la protection des plants contre les pluies directes.

La bouillie bordelaise peut-elle guérir un mildiou déjà trÚs avancé sur tomate ?

La bouillie bordelaise agit surtout en prĂ©vention et en tout dĂ©but d’attaque, car le cuivre reste en surface et limite la germination des spores. Lorsque de nombreuses feuilles et les tiges sont dĂ©jĂ  brunies, le produit ne peut pas rĂ©gĂ©nĂ©rer les tissus atteints. Dans ce cas, la prioritĂ© est de retirer les parties les plus malades, de traiter Ă©ventuellement pour protĂ©ger les tissus restants et, si nĂ©cessaire, de concentrer ses efforts sur la sauvegarde des pieds encore sains pour les prochaines semaines.

Pourquoi limiter l’usage de la bouillie bordelaise au potager ?

Limiter la bouillie bordelaise au potager est important car le cuivre s’accumule dans le sol et peut nuire Ă  la vie souterraine, notamment aux vers de terre et aux micro-organismes utiles. Un excĂšs de traitements finit par appauvrir la structure du sol et par fragiliser les cultures sur le long terme. En misant sur l’espacement des plants, le paillage, l’arrosage au pied, la rotation des cultures et des variĂ©tĂ©s plus tolĂ©rantes au mildiou, il devient possible de rĂ©duire nettement le nombre d’applications tout en maintenant de bonnes rĂ©coltes.

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