L’humidité dans la maison ne se limite pas à quelques gouttes sur une vitre un matin d’hiver. C’est souvent le signe que quelque chose ne tourne plus rond dans l’équilibre du logement : air trop chargé en vapeur, parois qui restent froides, infiltrations discrètes ou murs qui pompent l’eau du sol. Sans dramatise, il faut reconnaître qu’un excès d’eau dans le bâti finit toujours par coûter cher, en confort, en santé et en travaux. La bonne nouvelle, c’est qu’en raisonnant comme sur un chantier bien mené – observer, mesurer, comprendre, puis agir – il est possible de reprendre la main sans tout casser ni exploser le budget.
Dans de nombreuses maisons, l’histoire se répète : condensation sur les vitrages, peinture qui cloque, petites taches noires au plafond de la salle de bain, odeur de renfermé dans le placard d’entrée. Souvent, les occupants empilent les “rustines” : un coup de peinture, un absorbeur d’humidité acheté en grande surface, un déshumidificateur branché en continu. Ces solutions de secours peuvent soulager un temps, mais ne remplacent jamais un vrai diagnostic. L’objectif est clair : retrouver un taux d’humidité intérieur compris entre 40 et 60 %, protéger les matériaux, et rendre la maison plus simple à chauffer, plus saine à vivre au quotidien. En partant de situations concrètes, comme celle d’un couple qui découvre des remontées d’eau au bas des murs de son séjour, ce guide passe en revue les causes, les erreurs fréquentes, les bons réflexes de prévention et les traitements vraiment efficaces, qu’ils soient simples comme une bonne aération ou plus techniques comme un drainage ou une reprise d’étanchéité.
En bref :
- Comprendre l’origine de l’humidité (condensation, infiltrations, remontées capillaires) permet d’éviter les travaux inutiles.
- Mesurer le taux d’humidité avec un hygromètre avant d’agir aide à choisir entre ventilation, isolation, déshumidification ou travaux lourds.
- Repérer tôt les signes (taches, odeurs, salpêtre, buée persistante) évite que les dégâts ne s’installent dans les murs, les sols ou le placo.
- Ventilation et aération bien organisées restent les armes les plus efficaces contre la condensation du quotidien.
- Les remontées capillaires et infiltrations nécessitent souvent un traitement structurel : drainage, barrière étanche, reprise de façade ou de toiture.
- Un diagnostic professionnel devient indispensable dès que l’humidité touche la structure, l’isolation ou la charpente.
Humidité dans la maison : comprendre les principales origines pour mieux agir
L’humidité ne s’installe jamais par hasard. Dans un pavillon de banlieue comme dans une longère en pierre, l’eau suit toujours un chemin logique, même si ce chemin reste invisible à première vue. Pour un propriétaire, le premier réflexe efficace consiste à distinguer trois grandes familles de causes : condensation intérieure, infiltrations extérieures et remontées capillaires par le sol. Tant que cette distinction n’est pas claire, le risque est de s’acharner sur les mauvaises solutions, comme repeindre chaque année une chambre qui reste froide et humide, sans se demander pourquoi.
La condensation est de loin la situation la plus courante dans les logements bien isolés ou rénovés. Chaque douche, chaque bain, chaque plat de pâtes en train de bouillir génère de la vapeur d’eau. Ajoute à cela le séchage du linge à l’intérieur et la respiration de la famille, et le volume d’eau qui circule dans l’air devient important. Si cette vapeur ne s’évacue pas correctement, elle se dépose sur les surfaces les plus froides : simple vitrage, murs nord, angles de pièces, plafond au-dessus de la douche. C’est typiquement ce qui arrive dans les maisons où les fenêtres ont été changées pour des modèles très performants, mais où la ventilation n’a pas été repensée. Le logement devient étanche à l’air… et l’humidité reste piégée.
Deuxième cause fréquente : les infiltrations venues de l’extérieur. Une tuile déplacée, un solin fissuré, une gouttière bouchée qui déborde toujours au même endroit, un appui de fenêtre mal conçu… Autant de petits défauts qui, sous l’effet des pluies répétées, finissent par imbiber un mur. Les signes typiques sont des auréoles localisées, parfois en hauteur, qui évoluent selon la météo. Par exemple, dans la maison de Marc et Sophie, une tache brune est apparue au plafond du couloir juste après un épisode de pluie battante. La cause n’était pas dans le plafond lui-même, mais dans une noue de toiture qui retenait l’eau. Une intervention ciblée sur la couverture a résolu le problème, là où une simple reprise de plâtre aurait seulement masqué le symptôme.
Viennent ensuite les remontées capillaires, redoutées dans les maisons anciennes sans rupture de capillarité entre les murs et les fondations. L’eau contenue dans le sol remonte par les petits canaux des matériaux poreux (briques, pierres, mortiers) un peu comme une éponge posée dans une flaque. Le résultat se voit au bas des murs : plinthes gondolées, enduits qui farinant, dépôts blanchâtres appelés salpêtre. Sur ce point, un éclairage complet est proposé dans ce guide dédié aux remontées capillaires et humidité, qui montre bien pourquoi une simple peinture “spéciale” ne peut pas bloquer l’eau qui remonte de l’intérieur du mur.
Un point souvent oublié : plusieurs causes peuvent cohabiter. Dans la maison d’Anne, par exemple, des taches de moisissures sont apparues dans un angle de chambre côté rue. Le premier diagnostic parlait de condensation, mais un examen plus fin a révélé un petit défaut d’étanchéité de façade juste au-dessus. Sans correction de cette infiltration, l’amélioration de la ventilation n’aurait apporté qu’un répit. C’est là tout l’enjeu d’un raisonnement complet : traiter la cause, pas seulement la trace, et accepter qu’il y ait parfois un empilement de facteurs, entre habitudes de vie, isolation, état du bâti et exposition du terrain. La clé, pour passer à la suite, est de savoir lire les symptômes que la maison envoie au quotidien.

Signes visibles et cachés d’humidité excessive dans le logement
Avant de dégainer les outils, l’expérience montre qu’un tour de maison attentif vaut mieux qu’un devis précipité. Les murs, les plafonds, les sols et même les meubles racontent une histoire, à condition de savoir quoi regarder. Des propriétaires comme Claire et Julien l’ont appris à leurs dépens : en se contentant de lessiver régulièrement une tache dans la cage d’escalier, ils ont laissé se développer un problème plus profond dans le doublage en placo, qu’ils ont finalement dû remplacer totalement.
Les indices les plus évidents sont visuels : taches sombres dans les coins, auréoles au plafond à proximité des points d’eau, peinture qui cloque ou s’écaille, papier peint qui se décolle, joints de carrelage qui noircissent en pied de mur. Le parquet flottant qui se soulève légèrement, un stratifié qui gondole, des plinthes qui se déforment ou se décollent sont aussi des marqueurs fiables. Dans les pièces habillées de plaques de plâtre, des déformations, un aspect spongieux ou des traces de moisissures doivent alerter, car le placo supporte très mal l’eau. Un tour d’horizon plus poussé des bonnes réactions à adopter se trouve d’ailleurs dans ce contenu spécifique sur le placo exposé à l’humidité et aux moisissures.
Les indices olfactifs sont tout aussi importants. Une odeur de renfermé ou de moisi dans un couloir, un dressing ou un cellier n’est jamais anodine, surtout si elle revient systématiquement quelques heures après aération. Elle signale souvent la présence de moisissures dans un matériau poreux : contre-plaqué, aggloméré, bois de structure, isolant imbibé. Dans la chambre d’enfant de la famille Lopez, l’odeur persistante venait en réalité d’un isolant en laine minérale gorgé d’eau derrière le doublage, suite à une micro-fuite de toiture. Sans ce ressenti désagréable, le problème aurait pu continuer plusieurs années.
Une façon simple de ne rien oublier consiste à suivre une petite liste de contrôle rapide, en se donnant 15 minutes pour faire le tour de la maison, portes et placards ouverts :
- Observer la formation de buée sur les vitres le matin : pièces concernées, intensité, durée avant disparition.
- Passer la main sur les murs des pièces nord ou peu chauffées : sensation de paroi froide, parfois légèrement humide.
- Vérifier derrière les meubles collés aux murs extérieurs : taches, moisissures, odeurs, traces sur les plinthes.
- Contrôler les angles murs/plafonds dans la salle de bain et la cuisine : noircissement, peinture qui s’effrite.
- Inspecter le bas des murs au rez-de-chaussée : salpêtre, enduit qui farinant, joints de carrelage humides.
- Noter tout bruit d’écoulement suspect ou consommation d’eau anormale, signe possible d’une fuite lente.
Ce repérage visuel doit ensuite être complété par des mesures chiffrées, car le ressenti de froid ou de lourdeur de l’air peut varier d’une personne à l’autre. Là encore, la maison parle, mais cette fois à travers un chiffre : le taux d’humidité relative, à suivre pièce par pièce pour comprendre ce qui se joue vraiment. C’est ce pont entre observation et mesure qui permet de sortir des impressions pour entrer dans des décisions solides.
Mesurer l’humidité intérieure : outils, seuils de confort et erreurs fréquentes
Pour beaucoup de foyers, l’humidité reste une sensation : air lourd, froid qui “pénètre”, odeur de linge qui ne sèche jamais vraiment. Pourtant, comme sur un chantier, il est beaucoup plus simple de décider quand on a des mesures. Un hygromètre est à la maison ce qu’un mètre ruban est au menuisier : un outil de base qui évite les approximations. La cible généralement admise pour un intérieur sain se situe entre 40 et 60 % d’humidité relative, avec une plage idéale autour de 45–55 % en hiver pour limiter la condensation sur les parois froides.
Les modèles électroniques d’entrée de gamme suffisent largement pour le quotidien. Placés dans le séjour, puis dans les chambres et la salle de bain, ils permettent de suivre l’évolution matin et soir, avant et après aération, pendant les périodes de pluie ou de grand froid. Certains propriétaires comme Nadia ont été surpris de voir un écart de plus de 15 points entre leur salon lumineux (45 %) et leur chambre côté nord (plus de 65 % la nuit). Sans cette mesure, le problème aurait été mis sur le compte d’un simple “mauvais ressenti”.
Pour y voir plus clair dans les différents outils disponibles, le tableau suivant résume leurs usages :
| Outil de mesure/observation | Utilité principale | Situation typique | Niveau de précision |
|---|---|---|---|
| Hygromètre électronique | Affiche le taux d’humidité relative et la température | Suivi quotidien dans les pièces de vie et chambres | Élevé pour l’usage courant |
| Bande ou pastille indicatrice | Change de couleur au-delà d’un certain seuil d’humidité | Contrôle rapide d’un placard, cave ou local technique | Moyen, mais suffisant pour alerter |
| Observation (buée, taches, odeur) | Repère les symptômes visibles et olfactifs | Pré-diagnostic de zones à instrumenter | Variable, dépend de l’attention des occupants |
Une erreur répandue consiste à vouloir “assécher” la maison coûte que coûte, en multipliant chauffage fort, déshumidificateurs et aérations intempestives. Un air trop sec (taux stable plutôt qu’un taux parfait est déjà un énorme progrès.
Les mesures ont aussi une valeur documentaire intéressante. En cas de dégât des eaux ou de litige avec une copropriété, disposer de relevés datés sur plusieurs semaines permet d’objectiver la situation. Certains assureurs y sont sensibles, car ils distinguent mieux une humidité liée à un défaut d’entretien ou de ventilation d’un événement soudain (fuite de canalisation, orage exceptionnel). Les propriétaires prévoyants utilisent parfois un simple carnet ou une feuille de calcul pour noter les variations, en particulier dans les pièces sensibles comme la salle de bain, la cuisine ou les caves partiellement enterrées.
Une fois cette photographie chiffrée réalisée, la question suivante arrive naturellement : que faire de ces mesures ? Si la plupart des pièces se situent dans la zone de confort, mais qu’une chambre ou un bureau sort du lot, c’est probablement là que se niche le problème. Si toute la maison affiche un taux trop élevé en permanence, l’enjeu devient global : revoir la ventilation, l’isolation, voire certaines parties de la structure. C’est ce passage des chiffres aux solutions concrètes qui demande méthode, mais qui offre aussi le meilleur retour sur investissement quand il est bien organisé.
Prévenir l’humidité : ventilation, isolation et gestes du quotidien
La prévention reste le meilleur traitement, et c’est particulièrement vrai pour l’humidité. Dans beaucoup de maisons, les problèmes auraient pu être évités ou largement limités en combinant trois leviers simples : un renouvellement d’air correct, une température relativement homogène et des gestes du quotidien adaptés. Autrement dit, ce n’est pas toujours en forçant sur les gros travaux qu’on obtient les premiers résultats, mais en corrigeant la façon dont la maison respire et chauffe au jour le jour.
Côté ventilation, un principe clair s’impose : l’air doit entrer dans les pièces sèches (séjour, chambres) et sortir par les pièces humides (cuisine, salle de bain, WC). Les systèmes de VMC simple flux bien entretenus font déjà très bien ce travail, à condition que les entrées d’air des fenêtres ne soient pas obstruées et que les bouches d’extraction soient nettoyées régulièrement. Dans une maison où la VMC ne tourne plus depuis des années, rallumer l’installation et déboucher les bouches suffit parfois à diviser par deux la buée sur les vitres. Les systèmes double flux ou hygroréglables, plus récents, offrent un meilleur confort thermique, mais demandent une mise en œuvre sérieuse et un entretien des filtres inscrit dans le calendrier familial, au même titre que l’entretien de la chaudière.
Aérer manuellement garde tout son intérêt, même avec une VMC. Ouvrir grand les fenêtres 5 à 10 minutes par jour, plutôt qu’un simple entrebâillement en continu, permet de renouveler rapidement l’air sans refroidir les murs en profondeur. Dans la salle de bain, laisser la porte entrouverte après la douche, activer la VMC ou un extracteur et passer une raclette sur les parois pour limiter la vapeur sont des réflexes simples qui réduisent fortement la condensation. Ces gestes coûtent peu, mais leur régularité fait une vraie différence.
La température joue aussi un rôle clé. Une maison chauffée de manière homogène, autour de 19 à 21 °C dans les pièces de vie, limite la formation de points froids où la vapeur d’eau se condense. À l’inverse, des pièces peu chauffées, fermées et mal ventilées deviennent des pièges à humidité. C’est le cas classique de la chambre d’amis utilisée une fois par mois, où les draps sentent vite le renfermé. Mieux vaut y maintenir un minimum de chauffage et d’aération qu’un arrêt total en pensant économiser.
Enfin, les usages quotidiens comptent énormément. Faire sécher le linge dans le salon sans ouvrir les fenêtres, cuisiner sans hotte ni aération, recouvrir chaque mur extérieur de meubles massifs sans laisser d’espace derrière… tout cela favorise les déséquilibres. À l’inverse, des choix simples améliorent durablement la situation :
- Utiliser la hotte de cuisine, idéalement raccordée vers l’extérieur, à chaque cuisson.
- Limiter le séchage du linge à l’intérieur ou le compenser par une aération plus fréquente.
- Laisser au moins quelques centimètres entre les meubles et les murs extérieurs pour que l’air circule.
- Surveiller régulièrement les joints de douche, de baignoire et les siphons pour éviter les fuites lentes.
- Entretenir les gouttières, descentes d’eau et évacuations pluviales pour ne pas arroser la façade à chaque pluie.
Quand ces fondamentaux sont bien en place, ils forment une sorte de “filet de sécurité” autour du bâti. L’humidité provenant du quotidien reste alors à un niveau acceptable, et les éventuels problèmes structurels (remontées capillaires, défaut d’étanchéité de façade, fuite de plomberie) ressortent plus clairement. C’est précisément dans cette optique que les solutions plus lourdes, de type ravalement, drainage ou reprise de maçonnerie, prennent tout leur sens.
Traitements performants contre l’humidité : des solutions simples aux travaux lourds
Une fois la cause identifiée et les bonnes habitudes mises en place, la question du traitement se pose clairement : quelle solution durable adopter pour que le problème ne revienne pas ? L’expérience montre qu’il est judicieux de commencer par les remèdes les plus légers et ciblés, puis de monter en puissance uniquement si nécessaire. En résumé : air, étanchéité, structure. Sauter directement à la solution la plus chère n’apporte pas plus de garantie de résultat si le diagnostic n’est pas solide.
Pour la condensation légère à modérée, les armes principales restent la ventilation mécanique, un chauffage régulier et, si besoin, un déshumidificateur utilisé de manière raisonnée. Dans une buanderie sans fenêtre où le linge sèche quotidiennement, par exemple, un appareil électrique couplé à une bonne extraction d’air peut faire toute la différence. Mais si cet appareil tourne à l’année dans le séjour pour maintenir un taux acceptable, c’est le signe que la stratégie globale d’aération doit être revue. Un déshumidificateur doit être considéré comme un outil d’appoint, pas comme le cœur du système.
Lorsque les infiltrations sont en cause, c’est l’enveloppe du bâtiment qui doit être revue. Toiture, façades, appuis de fenêtres, seuils de portes, maçonneries exposées… chaque détail compte. Un ravalement de façade, s’il est bien pensé, peut intégrer des reprises d’enduits, le traitement de fissures, la pose d’un revêtement adapté et la vérification des points sensibles autour des menuiseries. Dans cette logique globale, ce guide sur le coût d’un ravalement de façade permet d’anticiper le budget et de comprendre pourquoi ce type de chantier joue un rôle clé dans la lutte contre l’humidité.
Les remontées capillaires et les problèmes en pied de murs exigent des réponses plus techniques : drainage périphérique pour détourner l’eau du bâti, barrière étanche mécanique ou par injection de résine, reprise des enduits avec des matériaux perspirants capables de laisser sortir la vapeur. Poser un carrelage très étanche sur un sol ou un enduit imperméable sur un mur ancien sans étudier le chemin de l’eau revient souvent à déplacer le problème un peu plus loin, parfois vers l’intérieur. C’est pour cela qu’il est conseillé de s’appuyer sur des méthodes maîtrisées et, si possible, sur un professionnel habitué à ce type de pathologie.
Les revêtements intérieurs doivent être choisis avec soin dans les zones sensibles. Les sols de cuisine ou de salle d’eau, par exemple, peuvent bénéficier de solutions résistantes à l’eau, faciles à nettoyer et capables de limiter la stagnation d’humidité. Une revue détaillée des options est proposée dans ce guide consacré au revêtement de sol de cuisine, qui montre comment concilier résistance, entretien et esthétique sans sacrifier le confort. De la même façon, les peintures et enduits dits “respirants” ont leur intérêt dans les murs où une migration de vapeur résiduelle est attendue.
Enfin, certains traitements visent à assainir les murs en profondeur après la résolution de la cause. Cela passe par des temps de séchage suffisants, parfois plusieurs mois pour des maçonneries épaisses, puis par la mise en œuvre d’enduits adaptés à l’humidité résiduelle. Des solutions modernes existent pour aider à réguler la vapeur sans enfermer l’eau dans le mur, et des ressources dédiées expliquent comment les choisir, comme les contenus spécialisés sur les enduits compatibles avec les supports anciens et humides. L’objectif final reste de retrouver un bâti qui respire au bon endroit, tout en protégeant les zones qui doivent être totalement étanches, comme les douches ou les toitures plates.
Dans tous les cas, un principe reste valable : plus on intervient tôt, plus le traitement reste simple. Une auréole isolée au plafond se gère plus facilement qu’un doublage entier à reprendre, tout comme une fuite de plomberie discrète dans un mur se traite mieux avant qu’elle n’ait imbibé l’isolant et le plancher. Cette logique d’intervention progressive fait le lien naturel avec le rôle des professionnels, qui peuvent sécuriser les choix quand la maison commence à montrer des signes plus sérieux.
Quand et comment s’appuyer sur un professionnel pour traiter l’humidité
Tout ne nécessite pas un expert, mais certaines situations gagnent à être confiées à un professionnel du bâtiment ou à un diagnostiqueur spécialisé. Dès que l’humidité touche la structure porteuse, l’isolation, la charpente ou des réseaux sensibles comme la plomberie encastrée, l’enjeu dépasse le simple confort. Il s’agit alors de préserver la durabilité de la maison, sa valeur et la sécurité des occupants. C’est particulièrement vrai dans les maisons anciennes rénovées, où cohabitent matériaux traditionnels (pierre, terre, bois) et systèmes modernes (isolants performants, menuiseries étanches, planchers chauffants).
Un diagnostic sérieux commence par une écoute des occupants : depuis quand les signes sont apparus, comment ils évoluent selon les saisons, quelles modifications ont été faites dans le logement (remplacement de fenêtres, ajout d’isolation, changement de mode de chauffage). L’expert complète ensuite par des observations précises, des mesures d’humidité dans l’air et parfois dans les matériaux, voire par des outils spécifiques comme une caméra thermique pour repérer les ponts thermiques ou une caméra endoscopique pour inspecter des vides techniques. L’objectif est de construire une hypothèse cohérente, et non de se focaliser sur un symptôme isolé.
Pour préparer cette visite, les propriétaires peuvent constituer un petit dossier : photos datées des zones touchées, relevés d’hygromètres sur quelques semaines, factures récentes de travaux (toiture, façade, plomberie, isolation), relevés de consommation d’eau en cas de suspicion de fuite. Ce travail en amont fait gagner du temps et peut éviter de payer plusieurs fois pour des visites supplémentaires. Dans les problématiques liées aux réseaux, le recours à un artisan maîtrisant bien les spécificités de la maison est crucial ; pour s’y retrouver, un contenu complet comme le guide sur la plomberie de maison aide à comprendre les enjeux de fuites lentes, de joints fatigués ou de mauvais raccordements.
La question de l’assurance habitation revient naturellement dans les cas de dégâts significatifs : parquet détruit, cloison à refaire, plafond à reprendre. Les assureurs distinguent généralement l’événement accidentel (dégât des eaux brutal, tempête, canalisation rompue) de l’humidité liée à un entretien insuffisant ou à une mauvaise ventilation. Disposer d’éléments montrant que la maison est correctement aérée, que les installations sont entretenues et que le problème a été pris au sérieux facilite les échanges. Un rapport d’expertise ou des devis détaillés peuvent également servir de base de discussion.
Dans certains cas extrêmes, l’humidité chronique ouvre la porte à des pathologies plus graves, notamment sur les bois de structure. Des champignons lignivores peuvent se développer dans des environnements confinés, humides et peu ventilés, comme derrière un doublage, sous un escalier ou dans une cave anciennement enterrée. Là , la rapidité de réaction compte : plus on intervient tôt, plus on évite une extension qui pourrait exiger la dépose de grandes parties de plancher ou de cloison. Le bon réflexe consiste alors à solliciter un avis spécialisé, notamment dans les régions où ce type de problème est connu.
Au final, l’humidité dans la maison se gère comme une enquête rigoureuse : comprendre, mesurer, observer, puis traiter dans le bon ordre. Les propriétaires qui adoptent cette démarche gagnent en sérénité, protègent leur budget travaux et conservent un habitat sain, confortable et durable, sans courir après chaque tache comme si c’était une nouvelle surprise sortie de nulle part.
Quel est le taux d’humidité idéal dans une maison pour un bon confort ?
Dans la plupart des logements, un taux d’humidité relative compris entre 40 et 60 % est considéré comme confortable. En hiver, viser plutôt 45 à 55 % limite la condensation sur les surfaces froides. En été, rester sous 60 % évite l’air lourd et la prolifération des moisissures, tout en gardant un niveau d’humidité agréable pour les voies respiratoires.
Comment savoir si l’humidité chez moi vient de la condensation ou d’une infiltration ?
La condensation touche surtout les surfaces froides (vitres, angles de murs, plafond de la salle de bain) et varie beaucoup selon l’usage du logement : douche, cuisine, séchage du linge. Les taches sont souvent diffuses et reviennent après les activités quotidiennes. Une infiltration provoque plutôt des auréoles localisées, parfois en hauteur, qui évoluent avec les épisodes de pluie. Observer le lien entre météo, pièces touchées et emplacement précis des taches permet de faire une première distinction, complétée ensuite par un diagnostic si besoin.
Un déshumidificateur peut-il résoudre un problème d’humidité à lui seul ?
Un déshumidificateur est très utile en appoint, par exemple dans une buanderie, une cave semi-enterrée ou après un dégât des eaux, car il aide à faire baisser rapidement l’humidité de l’air. En revanche, il ne traite pas une cause structurelle comme une fuite de toiture, une remontée capillaire ou un défaut de ventilation généralisé. S’il doit fonctionner en continu pour maintenir un niveau correct, c’est le signe qu’un diagnostic plus complet est nécessaire.
Pourquoi l’humidité augmente-t-elle souvent la facture de chauffage ?
Un air trop humide renforce la sensation de froid, ce qui pousse à augmenter le thermostat pour retrouver du confort. De plus, quand l’eau pénètre dans certains isolants ou matériaux de construction, leurs performances thermiques chutent nettement. La maison perd alors plus vite sa chaleur, et le système de chauffage doit compenser en consommant davantage d’énergie. Corriger les problèmes d’humidité, c’est donc aussi améliorer la performance énergétique globale du logement.
À partir de quand est-il raisonnable de faire appel à un professionnel pour un problème d’humidité ?
Il devient pertinent de solliciter un professionnel dès que les signes sont récurrents malgré une bonne aération, que des matériaux se dégradent (placo, bois, enduits), que l’isolation est touchée, ou qu’une infiltration ou des remontées capillaires sont suspectées. Un diagnostic avec mesures et inspection des points sensibles permet alors de cibler les travaux à réaliser, d’éviter les dépenses inutiles et, si nécessaire, de préparer un dossier solide pour l’assurance habitation.


